art contemporain - Galerie Nathalie Béreau
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Colette Grandgérard




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Exposition en cours jusqu’au 28 septembre


Les sculptures de Colette Grandgérard tendent, à travers la rencontre du bronze et du verre, à croiser des territoires qui constituent pour l’artiste autant de lieux de création, d’espaces de respiration, d’objets de questionnement — Abomey au Bénin, au cœur du pays vaudou, pour la réalisation du fragment en bronze, Paris pour la fabrication de celui en verre. Le langage plastique de l’artiste est ainsi le fruit de sa traversée de deux cultures, dans la première, la référence à l’animisme étant omniprésente pour les fondeurs avec qui elle collabore. Il est, en effet, dans la coutume de ne pas procéder à la coulée du métal le mardi, jour consacré à Gou, dieu du feu.
Colette Grandgérard délaisse ainsi quelque temps anges de grillage, chaussures fétiches de tarlatane, bio-sculptures, projets de nuages de plumes blanches… pour faire émerger, de cette volonté de dialogue entre des territoires africains et occidentaux, des équilibres fragiles. Dans la trajectoire des corps en mouvement, la possibilité de chute est toujours présente tant les appuis tiennent à trois fois rien : main incurvée dans le creux d’une vague, petite valise utilisée comme balancier à la cime d’une montagne, doigt poussant une roue de verre... Des équilibres où les corps testent dangereusement leurs limites et manifestent leur attraction pour les jeux risqués se dégage, néanmoins, une sensation de solidité : les blocs de verre pèsent, les matériaux de caractère brut sont de nature à durer.
Les dessins présentés relèvent d’un déplacement non plus géographique mais dans le temps. Là encore, l’artiste agence des fragments : détails de tableaux classiques de peintres européens, fruits de ses passages réguliers au Louvre depuis un an et dessins contemporains réalisés dans son atelier en collaboration avec le danseur-performeur José Luis Sultan.
Des passerelles sont ainsi jetées entre des scènes mythologiques qui constituent les grands thèmes de la peinture classique et des scènes contemporaines, entre des formes passées et présentes de représentation du corps.

Grandgérard, La bacchanale (d'apère Rubens), sanguine et pierre noire sur papier, 2010, 42 x 58 cm

Colette Grandgérard, La bacchanale (d’après Rubens), sanguine et pierre noire sur papier, 2010, 42 x 58 cm


A propos des bronzes, 2008-...
Au cours de mes séjours au Bénin, j’ai découvert la technique des "bronzes à la cire perdue", fruit d’une tradition ancestrale (comme la plupart des bronzes en Afrique, il s’agit plutôt de laiton). Originaire d’Ifé, celle-ci a diffusé au fil des siècles dans les autres royaumes, sans subir d’inflexions majeures.
D’emblée j’ai été séduite par le caractère brut du processus, aléatoire, du fait de la forte pression du métal en fusion dans le moule en terre rouge. Les ratés, les accidents font partie de la technique. Pour les artisans, ils sont la manifestation de Gou, dieu du feu, dont le courroux doit être apaisé grâce à des offrandes et au respect de certaines règles. Ainsi, il est dans la coutume de ne pas procéder à la coulée le mardi , jour consacré au dieu. Ne fond pas qui veut. C’est un métier réservé aux hontondjis, grande famille traditionnellement liée aux rois, dont la signature est constituée de deux scarifications sur les tempes. C’est, en outre, un métier réservé aux hommes, auquel sans mon statut de "yovo" (de blanche) je n’aurais pas eu accès.
La réalisation de chaque sculpture est une forme de voyage. Depuis sept ans, je m’installe à Abomey aux côtés des "bronziers" pour de longues périodes, en partage le rythme de travail, leur confie les phases telles que le moulage et la fonderie proprement dite.
Toutes les sculptures sont des pièces uniques.

Colette Grandgérard, La fiancée de l'abîme, 2010, verre et bronze, pièce unique, H. 64 x 18 x 19 cm Colette Grandgérard, sculpture 2010, pièce unique, pâte de verre et bronze, H. 64 x 18 x 19 cm


Vit et travaille à Paris

EXPOSITIONS RÉCENTES
2013
MAC 2000, Paris
Galerie de Buci, Paris
L’hiver à Honfleur, Galerie La Véluze
2012
Prieuré Saint Vincent, Chartres (P)
2011 Centre culturel Jacques Prévert, Mers les bains
Mac Paris, manifestation art contemporain
Festival Afriques, Création des costumes pour le spectacle "Les rois dansent", ballet africain à la cour du roi Louis XIV, Château de Robersart, Wambrechies, Lille
Nuit blanche, place du marché St Catherine, Paris
2010 Galerie Brissot, Paris (P)
"Traversées", Galerie Nathalie Béreau, Chinon (P)
Galerie Claire Corcia, Paris
Espace Yamakado, Paris
2009 Centre d’art de Verderonne
Veolia environnement, "Kyoto Dream", Caen et Rouen
"Expressions végétales", Viaduc des arts, Paris
"Australie - France : regards croisé", Espace Beaurepaire, Galerie Arts d’Australie + Galerie Nathalie Béreau
"estampes contemporaines : regard prospectif III", commissaire d’exposition Galerie N. Béreau c/° Galerie Christian Collin, Paris
2008 Centre culturel français, Cotonou
Galerie "Espace alliance", Orléans (P)
Salon "Expression d’Eros", Tours
Galerie Christian Collin, commissaire N. Béreau, Paris
Galerie Brissot et Linz, Paris
Galerie Nathalie Bereau, Chinon
Galerie Marie Redor, Orléans
Mac Paris (ex Mac 2000)
"L’art chemin faisant", parcours d’art contemporain, l’atelier d’Estienne, Pont-Scorff
"Les nuits blanches de Lucie", collaboration avec le musicien Nicolaz Cadoret (création de matériaux sonores), Chapelle Saint-Servais, l’atelier d’Estienne, Pont-Scorff (P)
Hôtel des Aubeaux, Lille
"Les maîtres du feu", château de Wambrechie
2007 "Visite-art", événement franco-allemand, Karlsruhe
"Jardins d’art", Paris
Espace Yamakado, Paris (P)
Salon Comparaison, Grand Palais, Paris
Nuit Blanche, "Itinéraires", Paris (P)
2006 Galerie Brissot et Linsz, Paris
Galerie Jacques Lévy, "Mouvement(s)", commissaire Nathalie Béreau, Paris
Galerie Ardital, Aix en Provence
Salon Mac 2000, Paris
2005 Espace culturel J. Prévert, Mers-les-Bains (P)
Salon des Beaux-arts, Chatellerault, invitée d’honneur
Espace Yamakado, Viaduc des arts, Paris (P)
2004 Galerie Regards, Vence (P)
2003 Manifestation d’Art contemporain, Séoul
Salon MAC 2000, Paris
2002 Affordable Art Fair, Londres
Espace Yamakado, Viaduc des Arts, Paris (P)
Salon MAC 2000, Premier prix de peinture, Paris
"Sens dessus-dessous", Les Métallos, Paris

ÉDITION
2003 "Agotem", revue de littérature, éditions Obsidiane, n°1
2001 "Aleph Beth", revue de littérature, n° 5, mars
Edition Aleph Beth, Nimrod, En majesté, le manteau rouge et noir du soleil

PEINTURE-DANSE
Dialogue de longue date avec le performeur danseur José-Luis Sultan dans le cadre de spectacles et d’un travail régulier d’atelier. Plus qu’une approche classique de type peintre/ modèle, ce dialogue se construit autour d’une rencontre entre deux imaginaires qui s’alimentent l’un l’autre
1998 Co-création peinture-danse contemporaine, dialogue avec le danseur José, Luis Sultan, Théâtre Les Amandiers, Paris

VOYAGES-ATELIERS
Depuis 2000 Création de sculptures (bronzes à la cire perdue) au Bénin, lors de séjours réguliers
Depuis 1994 Carnets de voyages au Mali, Burkina-Faso, Bénin

PRIX
2002 1er prix de peinture, Salon Mac 2000, Paris


A propos de la démarche qui sous-tend "Talons et tarlatane"
Elle participe de celle que je développe depuis plusieurs années et qui consiste à croiser une pluralité de techniques — dessin, sculpture, sérigraphie, peinture... — et une diversité de matériaux — papier, grillage, herbe, tissus, latex, paraffine.
Dans leur conception, les divers techniques et matériaux sont destinés à dialoguer dans le cadre de scénographies. C’est le cas de la série "Talons et tarlatane" qui comporte des dessins (sur des grands rouleaux de papier de soie et sur petits formats) et les sculptures en tissus, que constituent les chaussures.
Colette Grandgérard, 2008


A propos de "Cimetière", 2006
Dans une société où la mort est occultée, les sculptures de Colette Grandgérard questionnent notre rapport à la mort, à la trace, mais de manière joyeuse, non morbide.
(...) Le cimetière imaginaire qu’elle propose est donc cosmopolite, constitué de plaques ayant échappé à la destruction et récupérées en France, ainsi que de plaques africaines spécialement réalisées par un artiste à partir du vieux cimetière de Cotonou et de ses ancêtres.
L’herbe symbolise la relation au corps, préoccupation constante de l’artiste aussi bien dans ses peintures que dans ses sculptures. L’herbe suit le mouvement du temps, grandit et fane. La tombe peut ainsi rester en jachère, au gré de la plantation, de l’arrosage de son propriétaire.
Le talon non coupé est un pied de nez de l’artiste à des travaux plus anciens, il évoque la cuisse de poulet renversée, mais aussi la tradition présente dans la culture juive dans laquelle les chaussures des défuntes sont sectionnées.
Ces escarpins nous interrogent enfin sur le refus, l’exclusion de l’étranger et participent de la "pensée archipélique" chère à Edouard Glissant.
Nathalie Béreau, juillet 2006



 
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