art contemporain - Galerie Nathalie Béreau

octobre 2018 : Vanités


Vanités

Jean Christophe Ballot, photographie
Michaël Cailloux, bijou mural, dessin et gravure
Jesse A. Fernandez, dessin
Gastineau Massamba, broderie
Miki Nakamura, sculpture en kozo
Lucas Weinachter, dessin

Exposition du 02 octobre au 03 novembre 2018


Le 6, Mandel
EXPOSITIONS – PRIVATISATION POUR EVENEMENTS – CHAMBRE D’HÔTE
6, avenue Georges Mandel - 75116 Paris - M° Trocadéro - Tél. 01 42 27 27 93 - www.6mandel.com
Exposition : Entrée libre par le 1, rue Greuze, du mardi au samedi de 14h30 à 19h00
(sauf en cas de privatisation ponctuelle du lieu)

Contacts :
> Jean-Christophe Stöerkel (Le 6, Mandel) : Tél. 01 42 27 27 93 - 06 09 84 77 05 - contact@6mandel.com
> Commissaires de l’exposition :
Galerie Nathalie Béreau (Chinon/Paris) : Tél. 06 79 71 26 44 - nbereau@hotmail.fr
Sitor Senghor (S)ITOR : Tél. 06 11 62 01 63 - sitor.senghor@orange.fr


L’exposition

Vanités, la nouvelle exposition présentée au 6, Mandel par les galeries Nathalie Béreau et (S)ITOR, ne se veut pas exhaustive sur le sujet mais un choix sensible d’artistes dont les œuvres sélectionnées abordent le thème avec originalité, réflexion sans pour autant tomber dans une sombre mélancolie.
Selon les différents aspects sous lesquels on aborde les Vanités, l’on touche aussi bien à la vie terrestre contemplative qu’au plaisir des sens, à la richesse et au pouvoir. La fuite du temps à travers la destruction de la matière est aussi présente. Les Vanités largement représentées par les artistes continuent ainsi à les inspirer.

Les six artistes exposés ont réalisés des œuvres qui interrogent des matières aussi diverses que la photographie, la gravure, la sculpture, le dessin et la broderie.
Chaque œuvre tentera de répondre à l’autre par affinité, correspondance ou bien opposition pour mettre en lumière nos interrogations portées par la vision des artistes, eux-mêmes en proie au doute et à la faveur de leur questionnement.


Les artistes

A l’occasion d’une résidence d’artiste durant l’été 2017 au monastère de Saorges (gérée par le Centre des Monuments Nationaux), Jean-Christophe Ballot a développé un travail sur le thème des Vanités.
Son mode opératoire navigue entre la nature morte et l’installation puisque le photographe réalise in situ des mises en scènes de deux crânes (en résine) l’un blanc l’autre doré, s’inventant une histoire, celle d’une fausse découverte.
Il affirme alors le geste, l’intervention de l’artiste dans l’espace et donc dans l’image, par exemple en assumant la présence d’accessoires photographiques ou encore par une théâtralité baroque.
Le hasard mis en doute rejoint par ce processus créatif la question même de la Vanité.
Chaque photographie ainsi créée nous propose une réflexion poétique, philosophique ou spirituelle nous invitant à la méditation.

Jean_Christophe_Ballot_Vanite_Nathalie_Bereau Jean-Christophe Ballot, Vanités, Le marchand de Venise, tirage photographique

Avec ses gravures imprimées couleur, ses bijoux muraux (réalisés à partir de ses plaques de cuivre, matrice des gravures en question) et ses dessins, Michaël Cailloux explore pour cette exposition, la Vanité dans ce qu’elle a de charnel. Membres humains travaillés tels des ex-votos, crânes fleuris mais aussi animaux, il crée des compositions fines et aérées où des petites mouches virevoltantes viennent perturber l’ordre.
Rappelons que la mouche, également sa signature est une référence à la peinture du XVe au XVIIe siècle où elle était présente, symbolisant souvent la fragilité de la vie, l’aspect périssable des choses, l’éphémère.
Les oeuvres de Michaël Cailloux ne sont cependant pas à prendre sous un angle morbide. L’artiste apportant humour, légèreté, voire exubérance à ses compositions nous conviant ainsi à l’apaisement.

Michael_Cailloux_bijou mural_nathalie_bereau Michaël Cailloux, Tête de mort, 2017, plaque de cuivre dorée, gravée et découpée, pièce unique, 20 x 20 x 1 cm, copyright Marc Chatelard

Jesse_A_Fernandez_Calavera_Sitor_Senghor Jesse A. Fernandez, Calavera, quand la peur me prends j’invente une image, 1977, dessin et encre sur papier, H50 x L60 cm

Vanité de l’écriture éternelle et intemporelle dans les « calaveras » hibero-américaines aquarellées et hautes en couleurs du cubain Jesse A. Fernandez. Des crânes, des crânes, toujours des crânes dessinés et côtoyant une écriture cursive, parfois didactique sur l’œuvre, parfois ésotérique, parfois amusée ou dérisoire… qui cohérente ou non, comble le vide, autant qu’elle peut, qui le masque.
Il écrivait en 1960 : « j’adore Cézanne, parce qu’il a une sorte d’éthique, d’abnégation : si cet homme pouvait peindre trois pommes et qu’il était capable de faire tant de choses avec… et c’est comme cela que je me mis aux crânes. Et beaucoup de ces crânes sont des paysages. Et je recommençais sans cesse. Or, lorsque vous faites quelque chose en grande quantité, vous ne le faites jamais de la même manière. Le jour arriva donc où, à mon sens, je m’étais débarrassé du symbolisme. C’était juste devenu une question d’espace ».

Gastineau_Massamba_Wake_up_Sitor_Senghor Gastineau Massamba, Wake Up, 2016, broderie boutons épingles sur toile, H108 x L102 cm

Chez le congolais Gastineau Massamba la vanité devient ludique et vivante sous une multitude de broderies, de fils en libertés, de boutons et d’épingles domestiqués. Le temps est omniprésent dans la longue, soignée, patiente et méticuleuse exécution des sujets.

Ses œuvres allégoriques « porteuses d’espoir, retranscrivent par les fils de couleur ou les éléments floraux l’espoir de ceux qui partent pour une vie qu’ils pensent meilleure ailleurs, l’espoir de ceux qui combattent pour leurs idées et ne peuvent se taire face à une marche du monde répétant les modèles du passé en pire ». C’est une renaissance colorée et engagée ancrée dans l’actualité et la réalité du moment du continent africain.

Miki Nakamura, artiste japonaise installée en France, présente un ensemble d’une dizaine de sculptures enchâssées sous plexiglas. Travaillant la fibre du mûrier papier ou Kozo, elle déploie avec délicatesse les pleins et les vides créant une membrane a priori fragile, pleine de grâce.
Ses objets deviennent des sortes de paradigme qui s’inscrivent dans les Vanités comme autant de facettes d’un regard artistique teinté d’une poésie sourde, mélancolique et qui pose la question de la fragilité de la vie, de nos croyances.
L’artiste développe essentiellement un vocabulaire floral, minéral, auquel vient s’ajouter d’autres éléments : fleurs éphémères, feuilles en cascades , donc mais aussi crâne, fruit, coquillage, le tout dans un blanc - celui de la matière - donnant ainsi aux œuvres un éclat particulier, lumineux.

Miki_Nakamura_Vanite_Nathalie_Bereau Miki Nakamura, Nautilus, 2016, Kozo sculpté présenté sous plexiglas, Edition limitée, H10 x L10 x P10 cm

Enfin, chez Lucas Weinachter, sous un classicisme de façade, une maîtrise totale du trait et une précise exécution chirurgicale du détail, on trouve toute la douceur de l’éphémère beauté dans de simples tournesols fanés en guise de repas ; ils sont aussi intemporels et éternels que des tibias en marbre croisés sur un gisant Renaissance.
Lucas Weinachter poursuit par ailleurs un travail sur l’anatomie éclairée par l’écriture, cette fois en peignant richement les pages de précieux petits ouvrages du XVIIe siècle ; il en résulte des œuvres tridimensionnelles, intenses, hyperréalistes et saisissantes d’émotions et de vie.

Lucas_Weinachter_Reflets_cosmiques_Sitor_Senghor Lucas Weinachter, reflets cosmiques, 2018, encre de chine, acrylique et huile sur livre, Boite : H25xL30cm

Le temps passe, les écrits et les œuvres restent, toujours…


 
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