art contemporain - Galerie Nathalie Béreau

janvier-avril : Dans l’intimité




Dans l’intimité

Valérie Belmokhtar, peinture et dessin
Agnès His, sculpture, grès noir et engobes

Exposition du 19 JANVIER au 06 AVRIL 2014


Lieu : Chai Pierre et Bertrand Couly
1, Rond-Point des Closeaux, Route de Tours - 37500 Chinon
Tél : 02 47 93 64 19
Entrée libre tous les jours (dimanche également) : 10h-12h30 / 14h-18h30

Commissaire de l’exposition / presse : Galerie Nathalie Béreau
Présente au vernissage et sur RdV / Tél pro : 06 79 71 26 44


Valérie Belmokhtar, Robe Azyiadé Valérie Belmokhtar, Robe azyiadé, 2012, 130 x 97 cm, acrylique sur toile

Agnès His, Buisson modelé, 2013, h 36 x 30 x 22cm, grès noir et engobes


La première exposition en cette nouvelle année 2014, au Chai Pierre et Bertrand Couly à Chinon présente de manière inédite les œuvres de deux artistes qui se rencontrent pour la première fois, confrontant leurs univers, leurs matières, leurs sensibilités, et nous faisant ainsi entrer Dans l’intimité de leurs créations récentes.

Valérie Belmokhtar, née en 1973, est issue de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Elle réalise des illustrations pour des publications s’adressant principalement à l’enfance, développe la gravure en 2009 et pratique dessin et peinture pour des expositions. Le conte et la métamorphose étant des axes récurrents dans son travail. Elle aime travailler par série, et son univers peut sembler au premier abord très féminin, par le trait et aussi les motifs ou les thèmes : robes, fleurs, divinités de la mythologie grecque, etc.

Valérie Belmokhtar, Robe Vanishing, 2009, 92 x 65 cm, acrylique sur toile

Dans le traitement de ses compositions, la rêverie semble très présente : flottement des personnages et des animaux sur la surface de la feuille ou de la toile ; télescopages incongrues, ou attitudes semblant détachées du réel, fragilité du trait.
Sa série intitulée "Robe" et commencée en 2005 évolue, progresse, créant ainsi une mythologie personnelle spécifique à l’artiste.
Cette dernière considère la robe comme prétexte, un "contenant" comme elle le dit, semblant évacuer finalement le pourquoi de ce choix. La toile se remplit telle une tapisserie du Moyen-Age, le motif recouvrant l’ensemble de la surface, ne laissant pas de place au vide, aucune respiration ou bien un horizon, tout doit être comme recouvert. L’artiste teste sa toile, et comme elle le dit "recherche des matières, des textures, et travaille la surface de manière abstraite, reflétant ses émotions".
Aux recherches plastiques se mêlent donc des intentions plus personnelles, intimes, mêlant par exemple ses découvertes intellectuelles comme le premier roman intitulé "Aziyadé" de Pierre Loti (1879) au fantasme d’une culture familiale mixant des origines diverses mais peu connues de l’artiste.
Une exposition au Musée du Louvre en 2009 lui fait découvrir plus précisément les caftans, un voyage à Istanbul en 2012 lui a permis de continuer à rêver le passé, s’imprégnant de motifs ou de couleurs (le bleu), et ainsi de suite.

L’artiste réalise donc une synthèse de toutes ces influences et vécus, et oriente les interprétations possibles de ses toiles par leurs titres : Aziyadé, Robe de vie, Vanité, Jardin aux oiseaux.
Le jardin, porte ouverte à de multiples interprétations possibles, aux références et symboles nombreux, est aussi très présent dans l’univers de l’artiste.
Sur ses toiles, robe et jardin ne font plus qu’un, le tracé de la robe devenant le tracé du jardin représenté, avec luxuriance, abondance des fleurs et animaux qui le peuplent, y vivent.
Le trait reste fluide, transparent, aérien contrastant avec l’impression d’étouffement évoqué par le all-over. Les manches et l’encolure, du fait d’être en bordure de toile (sans corps surgissant) offrent également une ouverture possible vers l’extérieur.
Les drippings et les coulures verticales de l’acrylique rajoutent finalement à cette impression d’évanescence.

Pour l’exposition actuelle, la sélection des œuvres les plus récentes suit cette manière de procéder.

Quatre dessins à l’encre de Chine viendront compléter l’ensemble de la dizaine de peintures exposées : ce sont les dessins de la série "Mythologies" avec Daphné, les Héliades et l’Homme-jardin.
Nathalie Béreau, janvier 2014

Valérie Belmokhtar, Robe vanité, 2013, acrylique sur toile, 116 x 89 cm


Née à Fécamp en 1954 Agnès His s’est installée dans la région de la Touraine il y a plus de 30 ans déjà.
Ecole des beaux-arts avec une formation à la céramique mais aussi à la gravure, ayant laissé trainer ses mains dans l’atelier de céramique familial, l’artiste dit elle-même avoir toujours baigné dans la terre ! Depuis l’âge de 8 ans ...
Comment dans ces conditions, réinventer une matière, créer son langage, transmettre une ligne, évoluer ? Agnès His s’est toujours plus attachée aux formes, que ce soit pendant son long travail de raku qu’aujourd’hui où depuis 2005, elle a abordé le grès.
Un changement de vie, un nouvel atelier conçu en 1998 et construit pendant 7 ans, une matière différente, et le bouleversement opère. Le passage au grès lui donne la possibilité de modeler une terre souple, qu’elle peut travailler plusieurs semaines durant pour une seule sculpture, lui offrant des noirs profonds à la sonorité métallique, ainsi qu’une plasticité qui favorisent ses recherches sur le mouvement et les contrastes binaires (rouge/noir, noir/blanc) grâce aux engobes de surface. Le montage de certaines sculptures est très spectaculaire dans les torsions données à la terre par "un simple" roulé, par l’accumulation des éléments semblant jaillir d’un vent impétueux, comme dans Les Buissons.
Une autre série intitulée Ruban/Dialogue joue cette fois-ci avec l’apesanteur, la fluidité, la matérialité même de la terre, sorte de ruban de tissu où le mouvement semble parcourir encore le grès cuit. Recouverte d’engobes blancs ou ocre, la terre est gravée en surface par divers outils très simples, parfois provenant directement de la terre (pierre, bois) et les tracés sont soit géométriques, soit tels des ondoiements évoquant le vent dans les champs ou les feuilles de la nature environnante. Les titres indiquent que l’artiste procède aussi par série, thématique, chaque pièce est cependant unique mais faisant ainsi partie d’une famille : Boutons, Offrandes, Coussins, Buissons, Rubans et Dialogue (plusieurs rubans ensemble) pour les plus récentes.

Agnès His, Dialogue 2 Rubans, Ø 22 et 26 cm, Grès noir et engobe, terre gravée

Le travail actuel d’Agnès His a pris de l’ampleur, une respiration, tout en restant dans des formes sobres, simples, où le geste de l’artiste bien qu’essentiel sait se faire absent (pas de marque du passage du doigt). Ce qui reste c’est l’énergie, une dynamique, un mouvement non pas transmis par les doigts mais par le corps dans son entier. Pour preuve, l’artiste réalise des installations, montre et déploie de plus en plus ses dessins - grandes esquisses au fusain -, crée des ateliers où les enfants ou les adultes jouent de leur corps pour créer des formes au sol, inventent des formes, appréhendent la matière sans préjugé.
L’artiste semble être sortie du carcan "céramique".

L’exposition présentera une sélection de l’atelier d’une vingtaine de sculptures.
Nathalie Béreau, janvier 2014

Agnès His, Bouton, h 14cm Ø 20cm, Grès noir et engobes / 2 Boutons, h 12cm Ø16 cm, Grès blanc /Terre de Xing



 
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