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Octobre - novembre 2016 : Détournements et distorsions


Détournements et distorsions
dessin, porcelaine

Christelle Téa, dessin
Frédéric Babon, dessin
Keita Mori, dessin
Zhuo Qi, porcelaine et dessin

Exposition du 19 octobre au 5 novembre 2016

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Le 6, Mandel
6, avenue Georges Mandel - 75116 Paris - M° Trocadéro - Tél. +33 (0)1 42 27 27 93 -
www.6mandel.com
Exposition : Entrée libre par le 1, rue Greuze, du mardi au samedi de 14h30 à 19h00 (sauf en cas de privatisation ponctuelle du lieu)

Contacts :
> Jean-Christophe Stöerkel (Le 6, Mandel) : Tél. +33 (0)6 09 84 77 05 - contact@6mandel.com
> Commissaire de l’exposition/presse :
Galerie Nathalie Béreau (Chinon/Paris) : Tél. +33 (0)6 79 71 26 44 - nbereau@hotmail.fr

L’exposition Détournements et distorsions s’est construite autour d’artistes découverts au Salon de Montrouge, à l’Ecole des Beaux-Arts ou via les réseaux sociaux. Cette multiplicité des parcours correspond à une diversité artistique actuelle en France.
L’idée est de mixer différentes sensibilités et créativités dans un même lieu, le 6, Mandel, autour d’une ligne directrice.
En tenant compte des espaces, de la lumière, de l’atmosphère de la maison, en fonction des œuvres de chacun des artistes. La maison devient alors le prétexte à une exposition qui appréhende le dessin à travers des interprétations et des fantaisies autour de l’architecture : points de vue originaux pour interroger la ligne, le point, le volume, et amener le visiteur à découvrir des univers singuliers qui se répondent.
Les dessins des trois artistes Christelle Téa, Frédéric Babon et Keita Mori qui portent sur la notion de l’architecture fantasmée, de l’espace, de l’environnement, seront accompagnés des sculptures de l’artiste Zhuo Qi qui de son côté détourne et revisite non sans humour les classiques de la porcelaine tant européenne que chinoise.


Christelle Téa, née en 1988, diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 2015, présente un ensemble de dessins réalisés en 2012 et 2013 (Lieux parisiens, 50 x 65 cm, encre de Chine sur papier) sur des intérieurs d’édifices ou de lieux de cultures parisiens, tels des portraits.
En effet, comme dans ses portraits d’humains, les lieux semblent être observés à la loupe, devenant des sortes de laboratoires du trait : tout y est presque parfaitement fouillé, la moindre parcelle de murs, de plinthes, de décors, de meubles, d’objets, jusqu’à l’évanouissement du vide. Le rendu est très serré, favorisant l’accumulation de détails, le tout à l’encre de Chine ne privilégiant ainsi aucun élément plus qu’un autre. La ligne de fuite un peu déformée, un flottement s’installe également par l’absence de ligne du sol ; la composition semble alors en lévitation, nous transportant ainsi au cœur de ce qui fait le lieu lui-même, le symbolise : le savoir.
Musée du Louvre, d’Orsay, la Galerie de morphologie de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, des bibliothèques, etc.

Pour les bibliothèques parisiennes en question, l’artiste a donné des titres singuliers, citations d’auteurs, en référence au contenu même du lieu, le livre, source de la connaissance.
Pour que notre regard se focalise ainsi sur l’objet même du dessin dans cette masse architecturale intimidante par sa grandiloquence, mais protectrice en même temps par sa forme presque ovoïde.
Tous les dessins sont réalisés sans repentirs, sans dessin préparatoire, directement à l’encre de Chine, et respirent tels des poumons prêts à se gonfler sur une cette feuille blanche immaculée.
Comme pour nous inviter à y pénétrer.

Christelle Téa, L'ours, l'oie et le cheval, Galerie de morphologie aux Beaux-arts de Paris, 2013, Encre de Chine sur papier, 65 x 50 cm Christelle Téa, L’ours, l’oie et le cheval, Galerie de morphologie aux Beaux-arts de Paris, 2013, Encre de Chine sur papier, 65 x 50 cm

Frédéric Babon, peintre et dessinateur autodidacte, né en 1962, a pour prétexte ses pérégrinations de chineur pour trouver cartes anciennes, gravures techniques ou scientifiques, rouleaux pour pianos mécaniques, partitions originales, qui seront les bases de son travail de dessin à main levée, sans repentirs et sans esquisse préparatoire, à l’encre de Chine et aquarelle.
A contrario de Christelle Téa, par exemple, il travaille cependant sur le principe du palimpseste.
Ses réécritures, accumulation de traits en couleur ou non, viennent interpréter cette matière première irriguée d’une connaissance universelle qui prend alors une tournure onirique.
Traits fins, hachures, ombres, volutes, formes géométriques simples créent alors un dessin complexe qui devient une illusion : celle de faire croire à celui qui regarde qu’il est face à la réalité du monde (cartographie), à la véracité d’une création (partition) ou bien encore à un rendu scientifique (cerveau disséqué).
Alors que l’artiste l’emmène à découvrir une autre réalité. Pas d’explication, pas de jugement, une fantaisie créative aux traits souples semblant ne jamais s’achever.
A l’exposition ont été sélectionnées plusieurs séries récentes dont certaines inédites : Cartographie, Architecture, Epistémê (vision d’une architecture mentale), Partitions, ainsi que les Rouleaux.
Ces derniers, montrés pour la première fois ont pour support des rouleaux de musique perforés sur lesquels l’artiste a dessiné. Présentés tels des kakemonos ils se déploieront sur toute la hauteur du grand salon du 6, Mandel.

 Frédéric Babon, Architecture 4, 2016. Dessin à l'encre de chine sur gravure originale Frédéric Babon, Architecture 4, 2016. Dessin à l’encre de chine sur gravure originale

Keita Mori, né en 1981 au Japon est installé dorénavant en France. Il y a complété ses études et expose régulièrement en galeries. C’est en 2011, que Bug report (titre générique à son travail depuis lors) a pris jour.
Référence au langage informatique, comme si ses œuvres étaient extraites d’un monde virtuel en 3D, mais contre toute attente, c’est du dessin qu’il nous offre à découvrir.
L’impression générale qui s’en dégage, en particulier à travers ses dessins exécutés à même les murs, tels de grandes fresques, est celle de lignes architecturales fractionnées, ligne claire, sans d’ombre portée, espaces laissés volontairement inachevés.
Les dessins de Keita Mori pourraient s’inscrire dans une démarche d’artistes constructivistes.
Il préfère se référencer à des souvenirs lointains des Prisons de Piranèse.
De plus près, la ligne se dévoile être une succession de fils de couture fixés à la colle, directement sur le support (papier, toile, mur et maintenant photographie) en un geste direct, sans dessin préparatoire, dans une sorte d’écriture automatique contrôlée qui se déploie au fur et à mesure.

Keita Mori Bug report (Booster) 2016 Fil de coton et fil de soie sur papier 92x30 cm Keita Mori Bug report (Booster) 2016 Fil de coton et fil de soie sur papier 92x30 cm

Ses architectures sont lumineuses, épurées, quasi mystiques tant la suggestion est puissante d’un monde autre que notre œil est invité à recréer, compléter, voire inventer. Architecture rêvée, ou la ligne courbe ne faiblit pas, venant contrecarrer les droites, tangentes et autres angles droits.
L’apport de la couleur n’est pas systématique mais pour l’exposition au 6,Mandel, elle sera très présente ce qui est nouveau dans son travail. Ainsi que l’utilisation de la photographie comme support à son dessin, apportant plus de concrétude.
Certaines compositions sont dorénavant scindées en plusieurs éléments et recomposées par le biais de l’encadrement qui devient alors constitutif de l’œuvre elle-même tout comme les débordement hors cadre du fil.
En réponse aux œuvres des deux artistes précédents, les dessins de Keita Mori deviennent une méditation par le vide, l’absence de pathos nous obligeant à nous retrancher dans nos fondements pour percevoir au final la matière de la ligne vibrer.

Zhuo QI, Bestiaire, porcelaine, 2014, pièces uniques Zhuo Qi, Bestiaire, porcelaine, 2014, pièces uniques

Zhuo Qi est né en Chine en 1985, et vit maintenant en France après un diplôme à l’Ecole des Beaux-Arts du Mans et un post-diplôme à Limoges et en Chine, en spécialisation porcelaine.
Ses sculptures sélectionnées pour l’exposition seront réparties dans les diverses pièces du 6, Mandel : de la cuisine à la mezzanine, tour à tour nous découvrirons ses détournements et réinterprétations du vocabulaire plastique d’objets de sa culture franco-chinoise, aussi courants que l’assiette, le vase, la sculpture Tang (celles des tombes vernissées vert et jaune) et le jouet.
Ses porcelaines se jouent des codes : chacune venant d’un geste provocateur qui s’inscrit dans une démarche globale de de l’artiste à travers la performance, la vidéo et le dessin.

Le détournement nécessite la compréhension et la culture de l’objet avant de pouvoir en jouer de manière arbitraire. L’artiste a choisi de rester dans une codification précise, en référence aux époques, aux styles dont les objets sont extraits, leur ajoutant le grain de sable qui va venir en perturber la lecture. Service de table chaleureux, Vase-peluche formeront ainsi une table dressée comme au XVIIIème siècle, en référence également à la Manufacture de Limoges et sa tradition.
Les objets de par leur blancheur évoquent le marbre, comme si tout semblait figé dans l’instant d’après un cataclysme, où ne restent que les objets pour témoigner du vivant.
Les sculptures Animaux-Tang viendront ponctuer l’espace du salon, quant à la mezzanine, ce sera l’aire de jeu avec Peluches, Cheval-sorcière et Lego. L’hybridation ponctue chaque sculpture, dans un télescopage improbable, créant ainsi des charades humoristiques que le titre vient renforcer. Les dessins exposés, créés à partir d’empreinte d’outils sont comme des explosions d’encre au premier regard suggestives mais laissant apparaître l’attachement de l’artiste à l’objet.
Nathalie Béreau, juillet 2016


 
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