art contemporain - Galerie Nathalie Béreau
Accueil du site > Français > Archives Expositions > Expositions 2016 > Le 6, Mandel, Paris > Septembre 2016 : Sur un filament, Anne Laval et Lucas Weinachter

Septembre 2016 : Sur un filament, Anne Laval et Lucas Weinachter


Disponibilité des œuvres et prix sur demande > Contact


Sur un filament ...

Anne Laval, sculpture, gravure

Lucas Weinachter, peinture

Exposition du 15 septembre au 15 octobre 2016


Anne Laval, à travers son parcours singulier, démontre que la création n’est pas le fruit du hasard mais bien la somme d’éléments qui se révèlent à travers le temps.

Née en 1975, diplômée de l’Ecole Duperré puis créatrice de costumes pendant plusieurs années, elle a décidé à trente ans de développer un travail de plasticienne, réunissant ses savoirs au service d’un choix : celui de s’exprimer principalement à travers la sculpture. Depuis lors, elle expérimente et développe un travail de sculpture, dessin, gravure et vidéo, ses créations formant une démarche plastique cohérente.

L’artiste a un mode opératoire original : elle accumule en effet les matières, point de départ de ses réflexions, cachées dans des tiroirs, même pendant des années !, pour ensuite les redécouvrir, les travailler en des formes évocatrices qu’elles lui inspirent.
Elle peut ainsi associer différentes matières, s’appuyant sur le dessin, et faisant des va-et vient entre matière et dessin.
Ainsi, l’encre sur la laine d’acier de ses Paysages de poussière est travaillée comme un fusain ou au contraire comme un crayon 4H très sec, selon les effets qu’elle souhaite donner à sa matière première.
Le fil (laine d’acier, cheveux, corde à piano, etc.) est devenu le fil conducteur de ses recherches et de ses créations, associés à d’autres matières comme la terre, le plâtre ou la porcelaine (Paysage fossile), l’encre, le cuivre, ses sculptures créant des paysages, comme si elle les avait dessinés dans l’espace (Paysage de poussière).
L’exposition présente une sélection de sculptures suspendues Paysage de poussière, Cendre et Poussière, et de petites sculptures à poser de la série Du bout des doigts où la laine d’acier est sculptée. Dans ses volumes suspendus, la laine d’acier est en flottement dans l’espace comme une ligne d’horizon dans la brume, un nuage évanescent plus ou moins dense que l’encre recouvrant la laine d’acier, va accentuer ou au contraire alléger certains masses.
L’impression qui s’en dégage est celle d’une infinie légèreté, de la poésie d’un paysage éternel, l’essence même du paysage qui a construit la peinture et le dessin depuis la Renaissance. Les sculptures Du bout des doigts évoquent quant à elles des formes organiques comme sorties de l’observation au microscope.
Les œuvres d’Anne Laval ne sont pas des créations éphémères mais construites pour durer, vibrer avec leur environnement.

Les Paysages fossiles réalisés en 2016 dans le cadre d’une exposition personnelle au Mémorial de Montormel (Orne), et présentés au 6, Mandel (sculptures en extérieur et en intérieur) sont le fruit d’une réflexion de l’artiste sur l’histoire du mémorial de la 2ème Guerre mondiale et du paysage alentour. Imprégnées de l’horreur passée, les sculptures prises hors de ce contexte particulier, ont une force plastique telle qu’elles peuvent être aussi à découvrir pour la beauté étrange qu’elles dégagent. Travaillant la porcelaine comme l’empreinte du paysage vallonné qui a inspiré l’artiste, Anne Laval a façonné ses sculptures tel un puzzle :
morceau par morceau, chaque élément de porcelaine crue est incrusté de cuivre avant cuisson, créant ainsi une oxydation verdâtre évocatrice - sous-jacente à la matière translucide.
Après cuisson, le paysage et son histoire est alors recréé, chaque morceau étant cousu avec un fil d’acier, chaque point nécessitant le retournement de l’ensemble de la sculpture. Le geste est donc primordial, méticuleux, avec un rythme lent, retrouvant le travail des petites mains de la haute couture !

Mais le fil n’est pas celui de la couture, mais bien de la réparation comme pour les objets blessés que l’on trouve dans l’art africain. L’artiste, par cette cautérisation panse les plaies, répare, soigne ainsi de manière symbolique la blessure pour une vie nouvelle où la mémoire du traumatisme devient source vive de création lumineuse à partager.

Des monotypes (cheveux, encre et gaufrage) intitulés Nids de poussière de 2014, complètent le choix des œuvres exposées.
Ces gravures procèdent de l’empreinte des cheveux de l’artiste encrés, déchets détournés, principe du recyclage et questionnement sur nos poussières corporelles, sublimées par le geste de l’artiste en des volutes illusoires.
Nathalie Béreau, juillet 2016


Anne LAVAL
Sculpteur - Plasticien

Né à Paris en 1975. Vie en Normandie

Expositions personnelles
2016 Paysage fossile, Carte blanche pour le Mémorial de Montormel, Conseil Départemental de l’Orne - installation extérieur (porcelaine, métal et verre)
2015 A l’état frais, Paysage organique, Hôpital d’Alençon - dessins, volumes, installation (DRAC, Région, ARS Basse-Normandie)
2014 Paysage de cendre, Maison des Arts d’Evreux - installation Paysage Suspendu, Espace Hubert Lefrançois Atelier d’A., Gravigny (27) - dessins et volumes
2009 Chrysalide et Pluie Blanche, Galerie Pascaline Mulliez, Paris - sculptures
2007 Entre terre et ciel, l’Utopiecerie, Paris - sculptures et installation

Expositions collectives
2016 Textures de l’art contemporain, Musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun
2015 Fiber art fever, L’Aiguille en fête, Parc des expositions, Paris
Carte blanche à Bertrand Hugues, Galerie Sabine Puget, Fox-Amphoux (83)
2014 Les Iconoclasses XVI, Galerie Duchamp, Yvetot (76)
Génèse, Association Rémanence, Fondation Taylor, Paris et à la Galerie Schawb, Paris
2013 Atelier XXI, Association La Source, La Guéroulde (27)
Horizon(s), Galerie Sabine Puget, Fox Amphoux
2012 CRAC de Champigny-sur-Marne
2011 Itineraire, Mairie du IXème, Paris
Traversée, Abbaye de Léhon, Bretagne
2010 Mac Paris, Paris
Le jardin blanc et le Labyrinthe, Galerie Sabine Puget, Fox Amphoux
2009 Jardin d’art, Mairie du VIIème, Paris - installation en extérieur
Le Végétal, Galerie The Box, Paris
2008 Circuit d’art contemporain Grisy code, Vexin - installation en extérieur

RESIDENCES / Bourse
2015 Résidence de création avec le Réseau Culture Santé au laboratoire Biochimie de l’Hôpital d’Alençon
2014 Résidence avec les Iconoclasses à la Galerie Duchamp, Yvetot
2013 Résidence à La Source, Guéroulde
2012 Subvention de la Drac Haute-Normandie

DIPLOMES
1995-1999 DSAA mode et environnement avec mention
BTS stylisme de mode à L’Ecole Supérieur d’Arts Appliquées Duperré
(ESAA), projet "Réflexion - Révélation"
1994 Bac Arts Appliqués avec mention


Lucas Weinachter (1959) a sans hésiter suivi sa passion pour le dessin et oublié l’architecture vers laquelle il était destiné aux Beaux Arts de Paris. La rigueur précise et appuyée du trait est omniprésente dans son travail et laisse toujours apparaître le squelette de la structure imaginée, des histoires contées en pointillé, des situations toujours oniriques où ses personnages anonymes sont notre propre reflet.
La fragilité des supports utilisés, le plus souvent du papier Japon naturel, léger, texturé, vivant, fragile et élastique comme un peau sur laquelle, la mine de plomb, le fusain ou l’encre viennent, tel un tatouage, laisser leur empreinte. C’est la fragilité réelle de notre monde mais le regard porté est loin d’être grave. Si rien n’est parfait, les fils en pointillés, ou librement suspendus ouvrent par leur mouvement l’univers des rêveries possibles.

Le corps est omniprésent dans les œuvres ici présentées, dedans/dehors, dessus/dessous, caché/secret, réel/imaginé… c’est une mise à nu précise, médicale et psychique de nos rouages intimes. Le dessin anatomique n’est jamais très loin toujours complété et prolongé par des coutures en fil de coton à broder, comme autant de références aux codes usuels du genre (myologie, vaisseaux sanguins, système nerveux), pour finalement imposer une géographie de l’intime où se mêlent fantasmes et détournements de sens. Lucas aime ce fil, et l’utilise de plus en plus, marquant les stigmates d’une vie qui se fait et se défait, les cassures à recoller, les imperfections à raccommoder, les anomalies à masquer, soulignant le propos, accentuant le mouvement… Ce fil qui nous conduit naturellement à l’abandon, l’introspection, et la rêverie baudelairienne.
Sitor Senghor, juillet 2016



 
Accueil du site | Contact | Plan du site | Colophon | ©Nathalie Béreau | facebook Facebook |   English | Suivre la vie du site RSS 2.0