art contemporain - Galerie Nathalie Béreau
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Patricia Erbelding /Elisabeth Oulès




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Chemins de traverse : l’exposition, du 18 mars au 18 avril 2009

6, Mandel
6 avenue Georges Mandel
75116 Paris
Commissaire de l’exposition : Galerie Nathalie Béreau, Chinon


La proposition de l’exposition "Chemins de traverse" est de faire se croiser deux visions, deux univers, deux plans différents à travers les œuvres de Patricia Erbelding, peintre et d’Elisabeth Oulès, sculpteur. Avoir réuni ces deux artistes est un choix personnel qui s’est présenté presque de manière évidente avec l’envie de les faire se côtoyer à travers leurs différences et leurs affinités, dans ce lieu si particulier, le 6, Mandel, tant par son architecture que par son histoire singulière.
La matière, d’abord, qui sous-tend leur démarche, c’est-à-dire le métal. Pour P. Erbelding, le métal est là depuis longtemps, il est le premier geste sur la toile quand elle la saupoudre d’oxyde qui va rouiller et dont elle va décider à un temps T d’en arrêter l’oxydation par la cire. Ses compositions, franchement inspirées d’une nature fantasmée, se sont déployées spécialement pour cette exposition sur de larges toiles qui occuperont l’ensemble des murs. L’artiste se concentrant sur l’aspect à la fois urbain et végétal et sur le passage subtil entre intérieur et extérieur du lieu. Le rouge cinabre, le noir dense, ou le vert franc ponctuent chaque composition sans se mélanger, chaque couleur est travaillée pour elle-même, nous emmenant dans des paysages à la limite de l’abstrait et de l’organique.
La sculpture d’E. Oulès qui habitera chaque espace au sol de la maison est pur métal : ferraille trouvée par l’artiste pour être découpée, modelée puis reconstruite à la soudure à l’arc ; enfin travaillée à la couleur. La matière a priori dure se fait alors souple et invite au toucher. La figure humaine, virgule légère, présence à la majesté sévère, immobile et verticale vient ponctuer chaque composition. Par cette mise en scène théâtrale, l’artiste nous emmène dans une réflexion sensible et personnelle sur ses recherches de la forme dans l’espace et sur la figure humaine en tant qu’échelle.
Cette rencontre entre les deux artistes se voulait un aller-retour entre deux expériences que le spectateur devra ensuite s’approprier par et pour lui-même. Une grande liberté est donnée, respectant ainsi les chemins que se sont forgées les deux artistes, ne prenant justement pas des voies tracées par des écoles, mais se laissant guider par leur très forte indépendance, personnalités solitaires à l’atelier, capables d’extraire de leur intérieur une vitalité qui est salutaire à partager. Le métal, fil conducteur à leur création ne les empêche cependant pas de rester ouvertes à d’autres expérimentations : dessin, sculpture, photographie, livre d’artiste, poésie. Se pose alors la question : où commence la peinture, où s’arrête la sculpture ?
Nathalie Béreau, janvier 2009


Elisabeth Oulès


Complétant une longue et solide formation initiale à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, Elisabeth Oulès s’initie aux techniques du métal.
Au moment de s’orienter, hasard et nécessité se conjuguent.
A la mort prématurée du voisin et ami serrurier, elle hérite de tout le matériel nécessaire.
Lorsqu’elle adopte pour longtemps, le fer comme unique matériau, au début des années 1980, l’artiste reste parfaitement fidèle au modelage…
Celui de la terre, du plâtre, du ciment, qu’elle a pratiqué pour commencer ; elle ajoute, retranche, creuse, déplace de la matière, par petites touches. Pour elle, la réversibilité du geste est primordiale.

Après avoir collecté dans les décharges, et amoncelé la ferraille dont elle a besoin, Elisabeth Oulès utilise la moindre pièce comme elle empoignerait une modeste motte de terre. C’est elle qui impose sa forme nouvelle à chaque morceau. Dans une lutte au corps à corps, l’artiste fait dire ce qu’elle veut à la matière.

Nourrie d’émotions successives, mémorisées, accumulées puis reformulées dans un espace poétique, la forme naît de l’intérieur. D’où l’idée d’un processus de sédimentation par analogie avec la mémoire, l’histoire ou la géologie.
Élisabeth Oulès adopte la couleur comme une nécessité de plus.
Longuement travaillée, essuyée, partiellement effacée, intimement associée à la rouille, l’huile pigmentée contribue à rythmer l’œuvre autrement que par des lignes, sans altérer la texture du matériau usé par les ans.
Dominique Dalemont, 6 juillet 2004


Patricia Erbelding


"Patricia Erbelding - Cette thématique de l’immatériel, du présent/absent est vraiment liée à mon rapport à la poésie.
Tita Reut - L’intervention du rouge encadre de manière décisive et tragique le mouvement de la ligne jusque là laissée libre.
PE - Le mouvement préexistait mais le rouge le met en exergue et l’amplifie. Le découpage de l’espace crée un jeu de profondeurs devant/derrière tout en radicalisant les circulations des lignes et des transparences sur la toile.
TR - Mine de rien, ton travail sur les couleurs et les matériaux fonctionne sur des paradoxes et des antithèses. La rouille appelle la double idée de destruction et de création/survie ; la cire, qui recouvre tous les tableaux semble une peau dans sa fraîcheur de vie : métamorphose et protection. PE - Ces deux matériaux antagoniques s’élaborent en correspondance et tirent leur fil conducteur à travers mes procédures. La rouille se trouve dans la filiation des sculptures en fer forgé. C’est une matière qui garde un volume puisqu’elle ne reste pas à la surface, qu’elle traverse le support. La cire, quant à elle, stoppe l’oxydation et autorise la permanence de la rouille sur la toile, sans altération.
TR - L’aspect technique donne lieu à des décisions esthétiques et symboliques ?
PE - En effet. La cire, cet élément qui semble vivant, arrête les processus et cette polymérisation renforce mon goût, ou plutôt ma manie de tout envelopper de cire à chaud, de protéger ce qui autrement se détruirait. TR - Cette analyse confirme qu’une œuvre aboutie dégage plusieurs discours possibles, parfois contraires mais non contradictoires, le doute comme moteur de notre réflexion."
Entretien avec Tita Reut, In L’œuvre de Patricia Erbelding ou L’état des métamorphoses, Paris 2005

Ecriture lumineuse et contrastée. Poésie du commencement. La matière charrie les alluvions d’une aube nouvelle. Temps perdu. Temps retrouvé. Horizon d’un avenir incertain, illusoire, inaccessible.
La rouille se mélange à la cire, comme l’ombre à la lumière, le vide au plein, le temps à l’éternité.
Eternel retour. Osmose. Obliques ou horizontales, sereines ou heurtées, ces lignes de forces structurent l’espace et le temps, le composent, captent le regard apaisé du voyageur solitaire.
Claire Zinck, Paris, octobre 1999



 
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