art contemporain - Galerie Nathalie Béreau

Janvier 2016 : exposition Sillages



Sillages

Elsa Guillaume, sculpture céramique
Jean-Michel Letellier, calligraphie de papier

Exposition du 07 au 23 janvier 2016

Le 6, Mandel, Paris

Commissaire de l’exposition : Galerie Nathalie Béreau


Pour cette nouvelle année, le 6, Mandel a souhaité avec la Galerie Nathalie Béreau vous emmener dans les Sillages des œuvres de deux artistes, Elsa Guillaume et Jean-Michel Letellier.
Les œuvres exposées ont donc été sélectionnées ou créées dans une certaine idée de la mer, de la vie aquatique qui y règne (petit clin d’œil au film surréaliste de Wes Anderson), du rivage ou de la vague. Ce qui a trait d’une manière ou d’une autre au principe de l’eau comme forme de vie. L’explorer, la représenter, de manière abstraite ou plus réaliste, mais avec un regard en décalage d’une certaine réalité d’aujourd’hui, celle d’une inexorable destruction (ou pas si l’on reste optimiste) pour mieux la révéler. La galerie a souhaité associer le travail des deux artistes dans un dialogue, selon la sensibilité et l’expression de chacun. La vision poétique que nous proposent les deux artistes, nous donne à rêver, et peut-être à voir autrement cet élément vital.
Sur ce principe, le travail d’Elsa Guillaume a été récompensé par Tara Exploration, offrant ainsi à l’artiste la possibilité d’être en résidence en 2016 sur le bateau Tara et de voyager en Asie du sud-est pour réaliser une création plastique, Cosmographie corallienne.
Diplômée de l’ENSBA de Paris en 2013, Elsa Guillaume née en 1989 pratique le dessin au Rotring, la gravure à l’eau-forte (Prix Lacourière 2014) la faïence émaillée et la porcelaine.
L’exposition propose un ensemble d’œuvres représentatives de ses recherches oniriques en céramique sur les fonds marins, à la fois inspirés de l’histoire, de son goût pour la nourriture, de sa pratique de la plongée sous-marine, de ses recherches récurrentes sur la dissection.
Ses créations sont les révélateurs conscients de ses voyages réels et littéraires (influences de récits d’explorateurs, de Jules Verne, de gravures anciennes), de ses résidences (Japon en septembre 2013, Chine en 2015), de ses explorations culinaires tant dans la préparation (et là on rejoint la découpe) que dans la présentation et tout ce qu’elle peut symboliser, d’une culture à l’autre.

Elsa Guillaume, Gobé (détail), céramique Elsa Guillaume, Gobé, céramique, pièce unique, installation, 2014, environ 300 x 400 cm, 15 éléments (vendus séparément). Photo Marc Chatelard

Le spectre est donc large, et les pièces très variées dans leur évocation fragmentaire de l’univers marin depuis les premières explorations grâce à la science aux hybridations possibles futures : scaphandrier, tronçon de poisson, rodéo délirant d’humains sur poissons ou raie Manta.
Cependant sa démarche n’est pas de réaliser des compositions naturalistes mais de bâtir un univers où les éléments s’imbriquent, se touchent, flottent, engendrent des êtres hybrides ou des réseaux sur le principe de l’autocréation.

Jean-Michel Letellier utilise la fibre du mûrier papier pour façonner sa pâte à papier, et réalise ses motifs au moment de cette fabrication, avec différents outils pour repousser la matière qui prend ainsi forme. C’est donc un travail lié à une gestuelle précise qu’il pratique depuis des années, jouant à la fois sur une maîtrise liée à un savoir-faire et sur un certain lâcher prise.
Pour cette exposition, il présentera en particulier des œuvres évoquant dans leurs motifs la mer, son rivage, ses vagues, le sillage évoqué, d’où le titre de l’exposition. Il y aura donc des œuvres à la fois évocatrices de formes (la vague) mais également d’autres plus abstraites.
L’artiste, né en 1954 a fait plusieurs résidences au Japon depuis 1997 (dont la prestigieuse Villa Kujoyama), date à laquelle il revisite une tradition ancestrale. Sa feuille de papier est ainsi considérée comme une sculpture, alternant le plein et le vide, créant ombre et lumière par ses motifs. Il se rapproche actuellement d’une pratique de la calligraphie, l’écriture étant plus proche d’une écriture automatique que de signes distincts et spécifiques, évoquant presque le bouillonnement ou l’écume de la vague. Papier Sillages de Jean-Michel Letellier Jean-Michel Letellier, Sillages, papier mûrier, 2015

La sélection s’est portée sur un ensemble de papier dans des harmonies de blanc gris et noir et un rouge pour faire écho aux céramiques d’Elsa.
Ses œuvres se présentant sous forme de grands kakemonos ou bien de feuilles encadrées. Exposé dans différents pays (Japon, Angleterre, Belgique, Suisse, etc.), présenté à l’automne au Salon "Révélations" au Grand Palais à Paris en 2015, Jean-Michel Letellier a également participé avec son épouse et artiste Miki Nakamura, au Festival des Jardins de Chaumont sur Loire en 2010. Il réalise également des œuvres appliquées spécifiquement à des ensembles architecturaux, insérant le papier dans du verre ou de la résine acrylique.

Nathalie Béreau, janvier 2016


 
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