art contemporain - Galerie Nathalie Béreau

Octobre-novembre : Hybridation



Hybridation

Muriel Moreau
Marjolaine Salvador-Morel
Michaël Cailloux

exposition du 20 octobre au 07 novembre 2015

6, avenue Georges Mandel 75116 Paris
exposition : entrée par le 1, rue Greuze
mardi-samedi : 14h30-19h00
(sauf en cas de privatisation ponctuelle du lieu)
www.6mandel.com
Contact : Jean-Christophe Stöerkel
+33(0)6 09 84 77 05 - contact@6mandel.com

Commissaire de l’exposition / contact presse : Galerie Nathalie Béreau


La nouvelle exposition Hybridation au 6, Mandel, Paris réunit trois artistes Muriel Moreau, Marjolaine Salvador-Morel et Michaël Cailloux, avec lesquels la Galerie Nathalie Béreau propose un autre regard sur des croisements possibles : matières, techniques et motifs pour dérouter notre regard de ce que l’on croit connaître.

Marjolaine Salvador-Morel, Graine 1, Anémochorie Marjolaine Salvador-Morel, Graine 1, Anémochorie ou akène aigrette soyeuse 2014 -2015, dissémination installation / sculpture d’environ 130 x 80 cm, dentelle à l’aiguille, fils de nylon, boules d’acrylique ©Photo Dominique Couineau

La Galerie travaille pour la première fois avec l’artiste Marjolaine Salvador-Morel qui réalise des oeuvres en s’inspirant de la dentelle à l’aiguille au point dit "d’Alençon", mais en choisissant des échelles surdimensionnées, en volume et en travaillant le fil de nylon. Tous ces facteurs sont intéressants car l’artiste sort de son contexte historique et traditionnel lié au métier d’art sauvegardé, une technique qu’elle maîtrise également, la dentelle devient alors un moyen d’expression, une écriture du sensible.

Marjolaine Salvador-Morel, Eclosion, sculpture pop-up Marjolaine Salvador-Morel, Eclosion, sculpture pop-up, 2013, fermé 4 x 22 x 29 cm / ouvert 15 x 47 x 29 cm, dentelle à l’aiguille, fils de nylon, perles de verre argentées, boîte laiton forgé par Thomas Morel ©Photo Dominique Couineau

Ceci pour mettre en œuvre des créations plastiques dont le moteur essentiel est le principe d’éclosion comme pour mieux distiller dans notre esprit l’idée d’une Nature sacralisée, car sur le point de disparaître ou au contraire de renaître, autrement, pour mieux survivre.
Les fixations dans des boîtes de plexiglas sont à la fois du ressort technique (maintien en suspension dans l’espace de la sculpture) et semblent là comme pour mieux la maintenir en vie à l’infini. Ce n’est plus une fleur mais LA fleur : graines de la fleur de pissenlits géantes en lévitation ou bien pop-up floral où la grâce mise en œuvre s’offre à nous au fur et à mesure que le métal qui la supporte s’ouvre. L’artiste ne développe pas nécessairement un vocabulaire floral naturaliste mais bien l’idée de la germination encore possible, la vie mais sous une autre forme que le fil de nylon rend immatérielle, transparente et comme revisitée.
L’échelle choisie par l’artiste nous plonge dans un abîme tel un microscope qui nous amènerait au cœur de la vie. On pense aussi aux créations en verre des Blaschka à la fois dans le sens aigu de l’observation et dans la poésie qui s’en dégage.

Muriel Moreau, Les Hommes-fleurs, sculpture en chardons, 2015, Ht. 20 x Ø 25 cm

Les nouvelles œuvres de Muriel Moreau, gravures à l’eau forte et sculptures s’inscrivent dans une démarche entamée autour de la représentation d’un paysage imaginaire, poétique, inspiré d’une rêverie cartographique. Elle ouvre à notre esprit la possibilité d’un chemin à parcourir. Sentier, Echappée d’âme, Nuiit (contraction de nuit et d’inuit) sont autant des titres qui évoquent de nouveaux espaces sauvages, mystérieux, où la Nature domine. L’artiste nous donne à voir de possibles lieux de vie primitive, secrète où les êtres se dévoilent à nous peu à peu. Ces paysages sont, vus de loin, comme des fragments inachevés, sortis de la brume formant des sortes d’îlots intrigants qui nous inspirent des territoires oubliés.
En se rapprochant, de petites croix, des arbres, des collines, des hommes ou animaux surgissent : tous semblent appartenir à des signes reconnaissables et participent à un ensemble.

Muriel Moreau, Nuiit, 2014 gravure à l'eau-forte Muriel Moreau, Nuiit, eau-forte, imprimée sur papier Imbe et marouflée sur papier Hahnenmühle, 48 x 68 cm, 2014, édition limitée et n° par l’artiste à 12 exemplaires, encadrement musée verre anti-reflet

Travaillant aussi sur de grands formats, sans cuvette apparente, l’artiste se détache de la gravure conventionnelle et semble s’immerger dans la matière (comme dans la série des Arbol, aux traits minuscules, de mêmes dimensions et répétitifs).
En créant cette plongée totale et hypnotique dans ces paysages minutieux, fins, fouillés et graciles, elle semble jouer avec des focales nous obligeant à arrêter notre regard, à scruter un monde idyllique où l’homme et la nature ne feraient qu’un.

Ses films en super 8, où elle se transfigure en êtres sauvages, et ses sculptures comme Les Hommes- fleurs jouent sur cette métonymie, l’artiste retrouvant par le biais de ce travail une part de sacré mais de l’ordre de rituels païens.

Pour l’exposition, Michaël Cailloux s’associe avec la relieuse d’art Reine Taëvran pour une collection de carnets uniques réalisés intégralement à la main, cousus avec du fil de lin et aux couvertures en cuir gravé d’après des motifs créés par l’artiste.
En exclusivité pour le 6 Mandel, ils réalisent un paravent en série limitée "Le chant du muguet" reproductible avec d’autres papiers peints réalisés spécialement pour l’exposition "Hybridation", tous pièces uniques.
Cette collection (signée *Les Reine Cailloux) participe, tant dans son esthétique que dans les différentes techniques abordées, à un ensemble cohérent de créations que l’artiste a développé depuis 2009, date à laquelle il commence à travailler la gravure à l’eau-forte.
Venant du design, l’artiste n’en développe pas moins maintenant des recherches purement plastiques que l’on retrouve dans ses gravures à l’eau-forte et ses bijoux muraux issus de ses plaques de gravure. A ces recherches toutes uniques (y compris les tirages), l’artiste y associe des déclinaisons qui forment un tout.

Michaël Cailloux, Bouquet de sens, gravure à l'eau forte Michaël Cailloux, Bouquet de sens, Récompense, 2015, gravure à l’eau forte et gaufrage, tirage couleur 1/1, 18,5x26,5 cm

Cela rejoint les démarches artistiques de la fin du XIXème siècle, contribuant à une diffusion plus large d’objets esthétiques.
L’inspiration de Michaël Cailloux vient également en partie de cette époque avec une prédilection pour les motifs floraux, en plus de sa grande admiration pour le XVIIIème siècle que l’on retrouve symbolisé par le motif de la mouche, signature de l’ensemble de ses créations. A l’exposition sont présentées trois séries nouvelles : Fusion, Bouquet de sens, Paréidolie avec des créations inédites jouant sur le principe d’illusion d’optique et d’hybridation végétale/animale/humaine que l’artiste avait commencé à travailler avec sa série d’ex-voto.
Dans ses compositions nettes, précises, aux arabesques entrelaçant les divers acteurs de cette farandole bucolique, l’artiste lâche prise pour plus de fluidité dans leur rapprochement improbable et l’utilisation de couleurs aux accents contrastés. Nathalie Béreau, octobre 2015

Michaël Cailloux, Bijou mural, Matrice, plaque de cuivre gravée à l’eau forte, découpée, ciselée et repoussée présenté piqué dans une boîte bordée de papier peint, Pièce unique 1/1 signée au dos

* Reine Taëvran / Relieuse d’art Après sa licence de lettres modernes, elle suit une formation de reliure et dorure à l’atelier parisien "Et Amicorum..." où elle apprend à réparer et relier des livres anciens et modernes, avec les différentes techniques, de la reliure classique soignée, à l’emboitage, au bradel. Elle obtient alors son diplôme en art de la reliure et dorure.


 
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