art contemporain - Galerie Nathalie Béreau
Accueil du site > Français > Archives Expositions > Expositions 2014 > Le 6, Mandel > Exposition novembre - décembre : Approche d’un territoire de Ralph Samuel (...)

Exposition novembre - décembre : Approche d’un territoire de Ralph Samuel Grossmann




Le 6, Mandel
EXPOSITIONS – PRIVATISATION POUR EVENEMENTS – CHAMBRE D’HÔTE 6, avenue Georges Mandel - 75116 Paris - M° Trocadéro - Tél. 01 42 27 27 93 - www.6mandel.com
Exposition : Entrée par le 1, rue Greuze, du mardi au samedi de 14h30 à 19h00 (sauf en cas de privatisation ponctuelle du lieu)

Contacts : > Jean-Christophe Stöerkel (Le 6, Mandel) : Tél. 01 42 27 27 93 - 06 09 84 77 05 - contact@6mandel.com
> Commissaire de l’exposition/presse : Galerie Nathalie Béreau (Chinon) - Tél. 06 79 71 26 44 - nbereau@hotmail.fr

Vernissage en partenariat avec la Maison de l’Alsace



Révéler comment notre regard sur la nature oscille entre perception des sens et connaissance médiatisée est au cœur de la démarche artistique de RS Grossmann.
Après leur présentation au Domaine de Chaumont-sur-Loire, la réunion au 6, Mandel à Paris de trois séries récentes de l’artiste invite donc à s’interroger sur la notion de paysage, ses évidences, sa poésie et sa mise à distance conceptuelle.

Le Monde Voilé propose une classification des paysages se jouant des principes systématiques de la science et les débordant par de troublantes mesures translucides au charme captivant.
Botanica/ Lumière Diffractée réinitialise l’album botanique par le télescopage visuel et immédiat entre micro- et macroscopie. Au système scientifique répond cette fois le débordement sensoriel et lumineux de la couleur diffractée.
Les Séismes cristallisent la puissance tellurique : bois, roches et modèles scientifiques se jouent de la pesanteur et transmutent le désastre naturel en équilibre sculptural et métaphorique.

L’exposition se compose de tirages C-Print grand format de la série Le Monde Voilé (2009) et de tirages C-Print moyen format de la série Botanica/Lumière Diffractée (2012) ainsi que de sculptures de la série Séismes (2009).


A propos de chaque série

La série photographique Le Monde Voilé de Ralph Samuel Grossmann est consacrée aux formations nuageuses visibles sur trois territoires délimités : le Var, la presqu’île du Darss (RFA) et l’Alsace.
D’approche conceptuelle elle révèle sobrement la nature complexe du regard sur la nature.
Elle associe la description précise des formes nuageuses à une interprétation émotionnelle et à un signal visuel, revisitant ainsi ce sujet clé de l’histoire de la photographie : le nuage.
Pour souligner sa taille considérable et sa force physique le nuage est montré au-dessus d’une mince bande de paysage. Le ciel est ainsi réuni à la terre et à la mer.
Des indices caractéristiques situent l’endroit où l’image est prise : collines méditerranéennes, bord de mer, campagne. Chaque lieu représenté semble familier et pourtant générique.
Nos yeux contemplent avec émotion les forces physiques en présence dans la nature.
Nous essayons de les comprendre, de les analyser, de les étudier et transformons ainsi notre regard en un savant mélange de sensation, de connaissance abstraite et de rêve.
Sur ces paysages aux nuages, presque abstraits, un encodage coloré vient interrompre le regard.

Est-ce un arc-en-ciel, une erreur d’optique, un instrument de mesure ? Utilisant cet artefact, l’artiste inclut dans l’image une modification plausible de la vision, inspirée autant par les spectromètres utilisés en science physique, que par l’arc-en-ciel. Ce qui est ainsi montré c’est une réalité augmentée : la réalité vue par nos sens est modifiée par une interprétation secondaire.

Les sculptures Séismes qui accompagnent les photographies sont chacune composées d’un module abstrait (modélisation d’un séisme) auquel s’ajoute des éléments naturels trouvés sur le rivage. Ces fragments collectés aux rivages méditerranéens traduisent la force d’érosion de la mer. Les éléments et le module abstrait parlent donc de la puissance de la nature et sont assemblés pour trouver un point d’équilibre stable.
Chaque sculpture traduit ainsi, de manière conceptuelle et réelle, l’équilibre entre les forces physiques de la nature.

Ralph Samuel Grossmann, Althagen, Tirage C-Print, contrecollé sur aluminium, 103x140 cm, 5 ex., ©ADAGP2014, courtesy Galerie Nathalie Béreau Ralph Samuel Grossmann, Althagen, Tirage C-Print, contrecollé sur aluminium, 103x140 cm, 5 ex., ©ADAGP2014, courtesy Galerie Nathalie Béreau

Ralph Samuel Grossmann, Séisme 2C, 2009, bois, pierre et pigments naturels sous liant acrylique, pièce unique, 20 x 26 x 26 cm Ralph Samuel Grossmann, Séisme 2C, 2009, bois, pierre et pigments naturels sous liant acrylique, pièce unique, 20 x 26 x 26 cm

La série photographique Botanica /Lumière diffractée résulte de l’observation par l’artiste de la flore des friches berlinoises.
Classant les plantes comme dans un herbier contemporain, il met en évidence, dans une démarche à la limite de l’art et de la science, la diversité chromatique et structurelle des végétaux. Les fleurs sauvages sont cueillies dans les friches lors de promenades quotidiennes, puis photographiées à l’atelier, posées dans des vases en porcelaine néo-classique, révélant ainsi la spectaculaire diversité de leurs formes et couleurs.
Les mutations urbanistiques sont à l’origine de la présence de friches sur nos territoires.
Les chemins de fer et les rives de cours d’eau constituent le lieu habituel des friches urbaines. Les urbanistes ont souvent contribué à réhabiliter les espaces autour d’anciennes voies de chemin de fer ou le long de rivières, afin de créer un passage pour plantes et animaux dans le réseau de circulation urbaine.
C’est le cas à Berlin, ville qui est un exemple vivant de l’impact qu’un tel réseau constitue pour la biodiversité florale (et animale). Cette donnée concrète du territoire berlinois constitue une identité forte, une poésie urbaine particulière, où nature et ville moderne jouent à s’entremêler. La série a consisté à repérer trois friches, à les photographier et à récolter au hasard des promenades leur flore. Il s’en est suivi un ensemble botanique.

Ralph Samuel Grossmann, Centaurée I+D, n°1/8 + 1AP, diptyque, tirage chromogène, ©ADAGP2014, courtesy Galerie Nathalie Béreau

Ralph Samuel Grossmann, Centaurée I+D, n°1/8 + 1AP, diptyque, tirage chromogène, ©ADAGP2014, courtesy Galerie Nathalie Béreau

Photon- lumière- dissémination- couleur / Plante- lumière- couleur- dissémination : la plante se reproduit par dissémination. La diffraction de la lumière correspond à une dissémination de photons sur la surface et sa réfraction dans l’espace. Essentielle dans la perception des couleurs, elle révèle également les formes du réel.
Pour évoquer ces faits de manière subtile, un double système d’enregistrement photographique a été mis en place. D’abord un portrait d’identité de la plante : mise en scène et immergée dans la lumière frontale d’un flash. De cet éclat de photons diffractés, un agrandissement numérique donne à voir le détail infime. Cette microscopie se présente comme une réalité invisible (à nos yeux) et pourtant visuellement connectée à l’image macroscopique.
Le phénotype (forme réelle de la plante) est ainsi associé à un extrait chromatique. Ces deux réalités se complètent, juxtaposées comme deux réalités en miroir qui ne peuvent fusionner.

Identité botanique + Echo historique :
au XVIIIe siècle, le système de classification des plantes par Linné est publié entre 1735 et 1758, alors qu’en Europe se créent plusieurs manufactures de porcelaine. En 1753 Oudry présente à l’Académie son célèbre “Canard Blanc” où il s’interroge sur la richesse chromatique d’un “sujet blanc sur fond blanc“.

L’idée d’identifier une plante s’est donc établie dans un contexte historique spécifique, où observation, art et sciences ont dialogué. Choisir un vase de porcelaine pour offrir aux plantes un réceptacle est par conséquent un choix voulu. Il fait sens. Il inscrit cette démarche de cueillette, d’observation, d’identification dans une histoire, à la confluence de l’art et des sciences. Il rappelle ce passé et le relie à une réalité contemporaine. D’une époque de la science et de l’art à une autre, la nôtre. Une première image détaille l’architecture végétale, elle est complétée par une seconde image, un code chromatique de taille microscopique, qui peut se lire comme une métaphore de la génétique, en tous les cas, comme une signature unique de la réalité optique sous lumière diffractée. Cet échantillon de réel, coloré et lumineux, est aussi une matière quasi picturale, une traduction que notre œil peut reconnaître comme vraie, de la couleur révélée par la lumière.
"Texte sur la série : Raphaële Bertho, Docteur en Histoire de la Photographie, Université Bordeaux-III : "Manifeste pour une Raphaële Bertho : "Manifeste pour une botanique des délaissés" http://culturevisuelle.org/territoire/640


Repères biographiques Ralph Samuel Grossmann

Photographe, titulaire d’une Maîtrise d’histoire de l’art contemporain et diplômé de la Tyler School of Art de Philadelphie, où il a enseigné la photographie, il expose pour la première fois en 2001 à New York.
Il a vécu et travaillé à Berlin et vient de s’installer à nouveau à Paris. Il est représenté, entre autres, par la Galerie Nathalie Béreau (Chinon) et Donopoulos Fine Arts (Thessalonique).
Entre 2003 et 2007, de retour des Etats-Unis, il développe sa pratique photographique, expose à Berlin et Paris la série Désirella composée de photographies et de vidéos et assure le commissariat d’expositions au Musée Carnavalet à Paris.
Entre 2008 et 2012, il vit à Berlin et réalise, entre France et Allemagne, une nouvelle série consacrée au paysage et aux nuages, le Monde Voilé.
Cette série connaît un important succès critique et a été présentée à six reprises en France, Grèce et Allemagne entre 2008 et 2012.

Elle est accompagnée dans trois de ces expositions d’une série de sculptures en bois et pierre, les Séismes.
De retour en France fin 2012, l’artiste finalise la série Botanica / Lumière Diffractée et développe depuis le printemps 2013 un nouveau corpus artistique consacré à la forêt.


Ralph Samuel Grossmann a régulièrement présenté ses oeuvres lors d’expositions monographiques.
Il est artiste invité du Domaine de Chaumont-sur-Loire en 2014.

Sélection d’expositions récentes : <br>
- Salon Cutlog, Bourse du Commerce, Paris, Galerie Nathalie Béreau+6, Mandel (2012)

- « Sublimis », (Le Monde Voilé & Séismes), Musée de la Mer, Cannes (2012)

- « Metamorphosen : Zeitgenössische Ästhetik der Landschaft », Institut Français, Mainz, Allemagne (2011)

- « Topos / Le Monde Voilé », Musée National Grec de la Photographie, Thessalonique (2010)

- « Le Monde Voilé » (Le Monde Voilé & Séismes), Musée des Beaux-Arts de Rouen (2009), catalogue



 
Accueil du site | Contact | Plan du site | Colophon | ©Nathalie Béreau | facebook Facebook |   English | Suivre la vie du site RSS 2.0