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Juillet - Septembre 2013 : Graines de terre et de lumière




Exposition Graines de terre et de lumière
Séverine Cadier, sculpture céramique
Sébastien Maloron, photographie

6 juillet - 29 septembre


Séverine Cadier, Capsule de Nigelle, cuisson en cazette, 2013, 35 cm, pièce unique signée

Chai Pierre et Bertrand Couly
Rond-Point des Closeaux, Route de Tours
37500 Chinon
Tél : 02 47 93 64 19
Entrée libre tous les jours : 10h-12h30 / 14h-18h30
contact@pb-couly.com
Commissaire de l’exposition : Galerie Nathalie Béreau
Présente sur RV / Tél pro : 06 79 71 26 44

Durant tout l’été le chai Pierre et Bertrand Couly à Chinon, accueille l’exposition organisée par la Galerie Nathalie Béreau. Intitulée "Graines de terre et de lumière", l’exposition sera l’occasion de faire découvrir une approche sensible à quatre mains des plantes, et plus particulièrement des capsules et des graines qu’elles contiennent : une trentaine de sculptures (suspendues et posées) de Séverine Cadier et 10 photographies de Sébastien Maloron.

Séverine Cadier, sculpteure-céramiste expose régulièrement ses sculptures ou installations dans des musées, jardins et festivals.
Inspirée spécifiquement par les graines, elle crée depuis 1999 des formes en terre qui peuvent rappeler les graines étudiées (elle travaille à l’ancienne d’après le motif) mais sans avoir une démarche naturaliste pour autant. La forme, agrandie, garde ainsi l’idée de la graine (café, badiane, orme, poireau, samares de frêne et d’érable) ou de la capsule (nigelle, pavot, rue, hortensia, etc.) sans les détails du tégument ou bien sa couleur réelle, même si l’artiste reste dans une palette proche de la réalité.
Ce qui lui importe est de capter le moment présent dans ces graines qui portent en elles l’avenir de chacun, et ce au sens propre comme au figuré.
En les grossissant de la sorte, - de manière aléatoire au gré de la terre à portée de main et de l’inspiration -, l’artiste nous oblige à prendre conscience de leur importance dans la vie planétaire, d’autant plus aujourd’hui où planent les menaces de pollution, d’OGM, de monopoles sur les semences, de disparition de variétés de plantes, etc.

D’un point de vue plastique, les formes ont une texture assez douce, l’émail est peu utilisé pour ne pas leur accorder un caractère par trop minéral.
Montant ses sculptures en faïence au colombin (elle travaille plus rarement le grès), l’artiste cuit à 1000° au four électrique puis travaille ensuite la patine avec des cires, des pigments, des oxydes.
Sur d’autres pièces, une deuxième cuisson révèle les oxydes de l’engobe vitrifié mat, rarement brillant.
L’artiste travaille également le raku, l’enfumage et la cuisson en cazette, obtenant des effets multiples de surface.

Des outils tels des pinceaux viennent parfois hybrider la graine, lui donnant un autre sens, mêlant l’idée d’outil humain et naturel, dans un mariage inéluctable et vital pour notre espèce.
Cette hybridation n’est pas une idée nouvelle dans la création en général, mais dans les sculptures de Séverine Cadier, elle prend une tournure très naturelle, presque évidente, et cela tient au choix des matériaux, du rendu comme si les deux éléments se complétaient de manière parfaite et non pas monstrueuse.
Pour d’autres graines enfin, tels les samares d’érable, des textes - lettres anciennes de famille, extrait de textes littéraires -, viennent nous rappeler de façon poétique le principe de voyage, de mélange, de dissémination, de mixité, bref, toute la richesse de ces graines qui par leur mobilité sont la preuve du vivant, et par extension et analogie, révélatrice de la nôtre.

Sébastien Maloron, autodidacte, dirige également ses pas vers les jardins, potagers et terrains vagues, captant la nature éphémère de ce qui l’entoure, fleurs, graines, petites branches en particulier. Le choix de travailler avec un Rolleiflex, le SL66 en particulier lui permet de s’immerger dans la nature plus directement, car l’appareil est très adapté pour la macrophotographie. Et comme le dit le photographe " voir le monde à travers un tel viseur est un régal qui (lui) ferait presque oublier de prendre des photos."
Son choix spécifique de tirage photographique lith (surexposition du papier et utilisation d’un révélateur particulier pour donner les grandes lignes de cette technique inhabituelle) révèle à chacun de ses tirages un aspect unique (pas deux tirages identiques), l’image se teintant d’une inspiration évoquant la photographie du XIXe siècle, les pictorialistes en particulier.
S’approchant de son sujet le plus possible, avec des temps de pose lent, dont le rythme lui convient, l’artiste propose un regard autre, un focus particulier sur des éléments de la nature qui nous entourent, paraissent anodins et qui se révèlent une fois de plus, essentiels à la vie. Une certaine nostalgie émerge de ces images qui prennent alors, par leur dégradés gris ou sépia, un aspect intemporel, comme si le temps avait déjà œuvré, les immortalisant dans leur mouvement.
De la grâce se dégage des ces images carrées, au format discret.
Nathalie Béreau, juin 2013



 
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