art contemporain - Galerie Nathalie Béreau
Accueil du site > Français > Archives Expositions > Expositions 2014 > Chai Pierre et Bertrand Couly, Chinon > juin-septembre : En suspension, Colette Grandgérard

juin-septembre : En suspension, Colette Grandgérard


Colette Grandgérard
En suspension, exposition personnelle
Sculptures et dessins

Exposition du 28 juin au 28 septembre 2014

Chai Pierre et Bertrand Couly
1, Rond-Point des Closeaux, Route de Tours - 37500 Chinon
Tél : 02 47 93 64 19
Entrée libre tous les jours : 10h-12h30 / 14h-18h30
www.pb-couly.com / contact@pb-couly.com

Commissaire de l’exposition / presse :
Galerie Nathalie Béreau, Chinon
Présente sur RdV / Tél pro : 06 79 71 26 44

L’exposition personnelle "En suspension" au Chai Pierre et Bertrand Couly à Chinon présente un ensemble d’œuvres - dessins et sculptures - de Colette Grandgérard. Vivant à Paris, l’artiste s’installe également depuis 2000 et ce pendant plusieurs mois de l’année au Bénin où elle travaille avec des artisans locaux pour ses bronzes. Cette alternance de vie et d’atelier offre de multiples inspirations à l’artiste. Cependant, des thèmes récurrents ainsi qu’une ligne de dessin à la fois fouillée et parfois à peine esquissée, caractéristique, font des œuvres un ensemble cohérent à diverses facettes.

Les dessins exposés abordent deux sujets : le voyage (Série "Sacs et valises", 2011-2014, huile sur papier marouflé sur toile) et une série inédite : Minotaure (2014, huile et pastel sur papier).
Colette Grandgérard travaille avec des danseurs comme modèles, le mouvement est donc primordial et chaque dessin est l’occasion d’une composition à la position étudiée, chaque corps créant une masse repliée sur elle-même, en protection ; idée renforcée par le sac ou la valise, et flottant sur le vide du papier alentour. La gamme de couleurs est restreinte, ponctuée ça et là de couleurs vives sur des éléments en particulier comme les chaussures. La ligne du dessin est noueuse, les pieds et les mains exagérément agrandis, comme dilatés, lestant ainsi les corps, créant une tension voire une antinomie entre l’idée du départ symbolisée par la valise et l’aspect statique de la situation.
La série Minotaure appartient aux recherches de l’artiste qui englobe également en sculptures, cette fois, les Bovines (2012-14, grillage et tarlatane). Inspirés de la mythologie, les dessins Minotaure présentent ce monstre seul ou enlevant une femme, sans décor ni ligne de sol.

Grandgérard, dessin, Sac et valise Colette Grandgérard, Sacs et valises III, 2011-2014, 140 x 100 cm, huile sur papier marouflé sur toile

Les couleurs sont chatoyantes, avec une large palette allant de rouges profonds à des bleus gris. Les corps semblent créer une danse à la violence sourde, à la fois faite de vigueur et d’abandon. Le Minotaure apparaît comme la face cachée, le double de Bovine.
Bovines
"De longue date, les bovines cheminent à mes côtés. Sujet de dessins puis de peintures et de sérigraphies dans les années 2000, le ruminant pointe de nouveau son museau, récemment, à travers une diversité de matériaux (grillage, tarlatane, herbe, cristal et bronze...), de formes (sculpture, dessin, installation...) et donne lieu à performance (comme dans la création du chorégraphe danseur José Luis Sultan).
De cet ensemble, sont extraits, dans le cadre de cette exposition, des sculptures de grand format en grillage et tarlatane ainsi qu’une « Pièce de lingerie fine » (soutien-pis) et des dessins-peintures sur le thème du Minotaure.
La thématique commune des « Bovines » tisse des fils conducteurs contrastés. Ainsi, les sculptures se situent dans la continuité d’interrogations de longue date nourries des travaux de la philosophe Elisabeth de Fontenay (« Le silence des bêtes ») Elles concernent le statut de l’animal et les ruptures dont il fait l’objet dans l’époque contemporaine.

Grandgérard, dessin, Minotaure I Colette Grandgérard, Minotaure VI, 2014, 80 x 60 cm, huile et pastel sur papier

En revivifiant le mythe du Minotaure à travers une série de dessins, c’est de l’importance que revêtent les mythologies comme vecteurs d’un enchantement du monde et d’un imaginaire collectif dont il s’agit." Colette Grandgérard Juin 2014

Son imaginaire se déploie ainsi tant dans le dessin que dans ses sculptures où elle recrée par différentes approches de la matière les subtilités de la lumière et des couleurs par couches successives, épaisseurs changeantes. Son utilisation du grillage en est un bel exemple, transposition stylistique en volume de son travail sur le papier.

Installation : Chute des anges rebelles
(sculptures en grillage, tarlatane, peinture).

L’ensemble des 8 anges est exposé dans la partie du chai où se trouvent les cuves.
Nef moderne de béton, le lieu offre aux anges suspendus dans le vide un espace de jeu fait pour surprendre le regard.
"Pourquoi revivifier le mythe des anges, largement délaissé ?
Dans notre monde occidental, les anges, les elfes, les gnomes, les hommes-oiseaux, les dragons, les sulfureuses mandragores… ont été effacés de notre vie quotidienne. On nous a enlevé, volé nos anges et tous ces êtres invisibles. Rupture dangereuse, selon Bill Viola, d’autant que « l’homme se pense dans les mythes » ; il n’y a pas de lien entre les hommes sans une transcendance qui les dépasse. L’humain, dans sa définition désormais rationnelle, auto-référentielle, s’est éloigné de ce que Baudelaire appelle « l’être poétique de l’homme » ; le poétique étant posé comme dimension de la pensée, comme dualité de l’être dans son rapport au monde, au temps, aux mythes, dans son rapport au fini et à l’infini.

Les mondes visibles et invisibles sont puissamment reliés en Afrique, notamment au Bénin où je me rends régulièrement. Nourrie de l’imaginaire vaudou et animiste, je m’attache, à travers l’installation que je présente, à mettre en scène un fragment de notre monde invisible qu’incarnent les anges-rebelles. Sont-ils chassés des cieux pour les punir de leur appétence pour le pouvoir en voulant briller plus que Dieu, comme l’indiquent les textes officiels de l’Eglise, ou manifestent-ils une attirance irrésistible pour les charmes terrestres, comme il est écrit dans le livre d’Enoch, jugé hérétique dès le IIIe siècle ?
L’installation privilégie la seconde thèse et saisit les anges au moment de leur métamorphose en êtres désirant : leurs ailes se sont détachées de leur corps ; un matériau transparent, léger, constitué de grillage et tarlatane, marque leur appartenance céleste pour quelque temps encore. Des couleurs de feu et des cagoules-masques signent leur nouveau statut en émergence." Colette Grandgérard Juin 2014

Grandgérard, détail installation Chute des anges rebelles, Chai Pierre et Bertrand Couly Colette Grandgérard, détail installation Chute des anges rebelles, 9 sculptures en grillage et tarlatane, Chai Pierre et Bertrand Couly

Un dernier aspect de l’exposition reprend cette idée de création de légendes modernes, résultat d’un brassage géographique et culturel où l’artiste navigue entre son bagage européen et son vécu au Bénin. Homme-animal, animal-chariot, mais également l’eau, - indispensable à la vie et si précieuse en Afrique -, le papayer, autant d’éléments, de sujets d’une mythologie actuelle que l’artiste reprend à son compte avec ses sculptures en bronze, pièces uniques réalisées au Bénin dans la technique de la cire perdue.

Grandgérard, sculpture, Chimère Colette Grandgérard, Chimère, 2014, sculptures en bronze à la cire perdue, 83 cm (lg) x 33 cm (larg) x 60 cm (ht), pièce unique



 
Accueil du site | Contact | Plan du site | Colophon | ©Nathalie Béreau | facebook Facebook |   English | Suivre la vie du site RSS 2.0