art contemporain - Galerie Nathalie Béreau
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Exposition janvier-mars : Gravures, etc.




Gravures, etc.

Elsa Guillaume
Michaël Cailloux
Didier Hamey

Eau-forte, gaufrage, pointe sèche /
céramique, bas-relief, assemblage



Exposition du 16 Janvier au 29 Mars 2014

Le 6, Mandel
EXPOSITIONS – PRIVATISATION POUR EVENEMENTS – CHAMBRE D’HÔTE
6, avenue Georges Mandel - 75116 Paris - M° Trocadéro - Tél. 01 42 27 27 93
www.6mandel.com
Exposition : Entrée par le 1, rue Greuze, du mardi au samedi de 14h30 à 19h00

Contacts :
> Jean-Christophe Stöerkel (Le 6, Mandel) :
Tél. 01 42 27 27 93 - 06 09 84 77 05 - contact@6mandel.com
> Commissaire de l’exposition/presse : Galerie Nathalie Béreau (Chinon)


L’exposition : Gravures, etc.
Chaque année depuis 2007, la Galerie Nathalie Béreau propose une exposition d’estampes contemporaines réunissant plusieurs artistes le plus souvent autour d’une thématique.
Pour inaugurer 2014, avec le 6, Mandel, la galerie a choisi de présenter trois artistes graveurs dont le champ d’action s’élargit à ce qu’on pourrait plus communément appeler des œuvres en volume :
Elsa Guillaume : eau-forte, gaufrage et céramique
Michaël Cailloux : eau-forte, gaufrage et bas-relief (nommé "bijou mural")
Didier Hamey : pointe sèche et assemblage
Ce sera l’occasion pour le visiteur, - amateur ou collectionneur -, de découvrir des œuvres inédites ou spécialement réalisées pour l’occasion.
Nous sommes donc heureux de présenter pour la première fois au 6, Mandel, Elsa Guillaume ainsi que Michaël Cailloux et de retrouver une nouvelle fois les créations de Didier Hamey.

------------------Elsa Guillaume
Diplômée de l’ENSBA de Paris en 2013, Elsa Guillaume née en 1989, pratique à part égale dessin au Rotring, gravure à l’eau-forte (avec ou sans gaufrage) et faïence émaillée. L’exposition présente un ensemble de céramiques qui regroupe deux séries : les Tubes et les Oursinades, certaines spécialement réalisées pour l’occasion. L’artiste considère son travail de céramique comme le prolongement dans l’espace de ses recherches plastiques sur le papier. On trouve des corrélations entre les deux au niveau des sujets et des formes.

Les Tubes, semblent à mi-chemin entre des formes animales imaginaires, non définies mais qui nous paraissent familières (sorte de chiens sans têtes), et des tubes sectionnés protéiformes qui auraient chacun pris sa liberté, son indépendance. L’artiste aime travailler sur la section, la découpe, qui lui permettent de créer des formes isolées mais qui peuvent aussi constituer un ensemble, telle une tribu, une meute, chaque élément pouvant être relié l’un à l’autre. Elsa Guillaume Tubes en meute décembre 2013 Exposition Gravures, etc. Elsa Guillaume, 7 Tubes, céramique, émail, engobe, de 50x35x40cm à 110x70x40cm env. chacun, 2013, pièces uniques

L’exposition présente ainsi 8 Tubes, ayant tous une dimension différente, un mouvement, une contorsion ou attitude propre à chacun, une texture particulière. L’artiste travaille les émaux soit de manière lisse, au rendu satiné soit en gravure, créant des aspérités, jouant avec la lumière et des contrastes mats et brillants.
La série des Oursinades quant à elle va plus en profondeur, nous dévoilant par dissection l’intérieur de l’objet céramique, et jouant cette fois-ci sur des contrastes intérieur/extérieur de couleurs vives.

Elsa Guillaume inverse parfois la réalité puisque les épines de l’oursin se retrouvent à l’intérieur, jouant ainsi des interprétations multiples de la forme qu’elle manipule tel le ferait un chercheur dans son laboratoire. L’oursin devient alors une sorte de fruit sensuel.
La forme sert son imaginaire.

Elsa Guillaume, Oursinade, céramique, émail, 30x30x15 cm env., 2013, pièce unique

L’artiste rejoint là ses gravures dont le thème général serait le fond marin, avec oursins, raies mantas, plantes et crustacés tel le bernard l’hermite.

Cependant sa démarche n’est pas de réaliser des compositions naturalistes mais de bâtir un univers où les éléments s’imbriquent, se touchent, flottent, engendrent des réseaux, semblent s’autocréer.
Ils sont les révélateurs conscients de ses voyages réels et littéraires (influences de récits d’explorateurs, de Jules Verne, de gravures anciennes), de ses résidences (la dernière au Japon en septembre 2013), son goût pour l’exploration culinaire également, tant dans la préparation (et là on rejoint la découpe) que dans la présentation et tout ce qu’elle peut symboliser, d’une culture à l’autre.

Elsa Guillaume, Le naufrage desBernardes-L'hermites, détail, gravure Elsa Guillaume, Le naufrage des Bernardes-l’hermites, eau-forte et gaufrage, tirage limité à 3ex., 75 x 53 cm

En gravures, trois séries sont exposées : Le naufrage des Bernardes-l’hermites (on notera le féminin ...), et deux exclusivités : Ilots et Manta suit.

Ilots, constitué de 4 grandes compositions mêlant eau-forte et gaufrage, reprend les motifs chers à l’artiste : fond marin, avec le mouvement dans les herbes, algues, la raie manta qui apparaît, et les réseaux d’un ilot à l’autre qui se concrétisent par des lignes gaufrées telles les traces laissées par les vers dans le sable quand la mer se retire. Ses compositions donnent la sensation de découvrir ces abysses à la loupe, d’être le curieux explorateur d’un monde méconnu ; celui aussi de la gravure (et de la céramique) qu’en tant que jeune artiste maitrisant les techniques, Elsa Guillaume explore pour mieux en transgresser les codes.

Sa dernière série, Manta suit, constituée de 5 petites compositions est faite à l’eau-forte et encollage. Elle se différencie des autres par un trait plus illustratif et des compositions très épurées. L’humour y est présent et l’ensemble semble une synthèse de ses préoccupations actuelles, la raie manta devenant la carapace, le vêtement de l’humain, tout en découpe et pointillé.

Elsa Guillaume, Manta Suit, eau-forte et encollage, tirage limité à 5ex., 31 x 23 cm (détail)

Prix Icart-Artistik Reso, 2014
Prix Fondation Jean-François & Marie-Laure de Clermont-Tonnerre -
Bourse Colin-Lefranc. Séjour à la FAAP, Sao Paulo - 2012

------------------Michaël Cailloux
Né à Paris en 1975 - Sculpteur, graveur
Michaël Cailloux est actuellement le directeur artistique de l’école Supérieure d’Art Françoise Conte spécialisée dans le design, le textile et la mode - Paris 12e.

Après un diplôme supérieur des arts appliqués à l’École Duperré en 1998, il créé avec deux camarades la société Atelier LZC spécialisée dans la création d’objets designs et de textiles. Pendant plus de 10 ans, avec ses associés, il élabore des collections d’illustrations sérigraphiées et d’objets présentés sur Maison&Objet, ainsi que des créations sur mesure pour divers clients comme Baccarat, Cartier, Habitat, Van Cleef & Arpels, S.T. Dupont...

Michaël Cailloux, Anax Imperator, plaque de cuivre travaillée à l'eau-forte Michaël Cailloux, Anax Imperator, plaque de cuivre martelée, vernis, pièce unique présentée dans une boîte d’entomologiste

En 2009, il décide de se lancer dans une aventure artistique personnelle et se forme aux techniques du bijou et de la gravure à l’eau-forte à Paris. Naît alors un concept de détournement tout droit sorti de son imaginaire : des "bijoux muraux" en cuivre qu’il baptise entre autres, "mouches murales" accompagnées de leurs estampes "les mouches estampillées".
La mouche, symbole de vie et de mort, est la signature de toutes ses œuvres, faisant référence aux natures mortes du XVIe siècle.

Ses "bijoux muraux" sont façonnés avec patience et minutie à la main comme le ferait un bijoutier avec scie à archet, bouterolle ou encore ciselé. Mais avant de le mettre en forme et de l’exposer dans une boîte comme un écrin pour "habiller" non pas un corps, mais un mur, il utilise ses plaques de cuivre comme matrice à ses gravures. Il les travaille donc à l’eau-forte créant son motif, puis il imprime sa plaque avec ou sans couleur (gaufrage) en édition limitée à 16 ex. tous différents.

Michaël Cailloux, Anax Imperator, eau-forte imprimée noir Michaël Cailloux, Série Insecte, Anax Imperator, impression noir, eau-forte, n° et signée, 2011-12

En effet à chaque impression, l’artiste crée des variations dans le choix de la couleur, de l’adjonction de gaufrage ou non, etc. Il lui arrive également d’imprimer ses gaufrages sur des papiers de couleur. Sa gamme générale de couleur reste cependant restreinte, variant entre l’argent, l’or, le gris payne, le bleu concentré plus ou moins denses.

Ce choix ainsi que celui des motifs donne à ces différentes séries (Peigne, Insectes, Chutes de Mouches) présentées à l’exposition une belle cohérence.

A ces gravures, viennent donc s’ajouter - ce qui est exceptionnel pour un artiste-graveur -, ses matrices qui, une fois retravaillées, martelées, puis vernis, sont présentées sous forme de bas-reliefs, objets précieux dans des boîtes d’entomologiste. Ses boîtes sont réalisées en carton à la main par un artisan spécialiste, dans lesquelles les objets sont épinglés.

Pour ce premier corpus de gravures constitué de 2009 à 2013, Michaël Cailloux s’est largement inspiré de la Nature.
Ses compositions évoquent une nature méticuleusement observée, à travers des planches anciennes comme celles de Félix Bracquemond, des ouvrages d’art ou de botanique avec l’Histoire Naturelle de Buffon, entre autres références ; toute une culture artistique engrangée pendant des années, et qui englobe diverses époques et tendances (la peinture de l’Ecole du Nord du XVIIe siècle ou bien les paperolles votives du XVIIIe siècle). L’artiste s’inspire également du réel, n’hésitant pas à travailler directement sur le motif, comme les fruits par exemple.

Michaël Cailloux, Cyphus or, eau-forte imprimée or Michaël Cailloux, Cyphus, eau-forte, impression or, n° et signée, 2013

Ces multiples images constituent des cahiers entiers de dessins qui une fois assimilés, forment un abécédaire que l’artiste va manipuler pour déployer ses compositions foisonnantes, au trait souple et à la ligne fine, d’inspiration plutôt naturaliste, avec des réminiscences pour certaines gravures, de l’Art Nouveau.
Comme l’artiste découpe ses plaques de cuivre plutôt que de les travailler classiquement en une forme géométrique simple (carré, rectangle), il crée des compositions de deux types : soit chaque élément est découpé et l’ensemble crée une nature morte, soit divers petits éléments gravitent autour d’une forme centrale qui peut-être un insecte géant, un éventail, un peigne à cheveux, etc.

------------------Didier Hamey
Né en 1962, Didier Hamey est présenté régulièrement en France et à l’étranger depuis 1995 dans des galeries, des salons comme celui de l’Estampe au Grand Palais, au Musée de Gravelines (catalogue) en 2011, à la Halle Saint Pierre à Paris, etc. Présent dans des collections privées et publiques (Musée de Dreux, Musée de Gravelines, le FNAC, La Gravure Originale, ...)

L’exposition est l’occasion de retrouver le travail de Didier Hamey, avec des sculptures, qu’il nomme Assemblages et des gravures : les Amulettes, les Pains d’Epices et un ensemble de gravures rehaussées dont les Nébuleuses. Amulettes et Pains d’Epices, technique de la pointe sèche non rehaussée, regroupent des compositions au trait fin et au noir profond. De la forme centrale, sorte de monticule charbonneux, s’extraient des fleurs, des animaux réalistes, des têtes extraordinaires et rieuses, ou bien encore des formes animales fantasmagoriques. Le tout créant des compositions denses mais légères, fruits de l’imaginaire curieux et singulier de l’artiste. Chaque Amulette, petit être de sa propre mythologie porte un titre original : Batabata, Baki, Corne des neiges, Ko bôzu, inspiré et dans les noms et dans l’esprit des yōkai (littéralement, "monstre bizarre") de la mythologie animalière japonaise.
Les Pains d’Epices doivent ce nom singulier d’une idée première du pain de sucre, et du tas formé par les copeaux de plexiglas s’accumulant au fur et à mesure de la gravure de la plaque.
Mais une fois imprimé, ce pain devient alors noir d’encre. Techniquement la densité de ces masses obtenue à la pointe sèche est remarquable, d’autant que l’artiste a pour cette série des dimensions beaucoup plus grandes qu’à ses habitudes.

Didier Hamey, Pain d'épice, pointe sèche Didier Hamey, Pain d’épice 5, pointe sèche imprimée noir, n°15/17, 58 x 48,5 cm

La série des gravures rehaussées dont les Nébuleuses sont réalisées à la pointe sèche avec un travail à la main à l’aquarelle après l’impression. La délicatesse des teintes en fait un ensemble de gravures à l’univers proche du merveilleux, du féérique, avec des titres inventifs, énigmatiques, et laissent ainsi une interprétation très libre. Les compositions réunissent de petits êtres volants, piaillant, aux yeux rieurs ou espiègles, des fleurs délicates, créant, dans la série des Nébuleuses, des farandoles évanescentes émanant de nuages au rose poudré.

Didier Hamey En fabuloserie pointe sèche et rehauts Didier Hamey, En Fabuloserie, pointe sèche imprimée noir rehaussée à la main pour les couleurs, épreuve Unique, 32 x 28 cm

Les Assemblages sont comme le prolongement de ces êtres devenus hybrides constitués d’éléments naturels glanés par l’artiste dans la nature. Assemblés, réinterprétés, chaque sculpture est un univers à elle seule, réunissant des ailes de papillon, des chevelus de racines, des écorces, des amours en cage, pinces de crabe, etc. L’artiste les met en scène dans des globes en verre leur donnant un aspect précieux, et les préservant ainsi du temps. Cet ensemble forme le cabinet de curiosité de l’artiste, des formes imaginaires devenues des êtres anthropomorphes.
Nathalie Béreau, janvier 2014

Didier Hamey, Assemblage, détail, 2013, pièce unique Didier Hamey, Assemblage, pièce unique, détail, 2013



 
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