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Mai 2012 Denis Berteau, peinture et Jürgen Lingl-Rebetez, sculpture




Exposition du 3 mai au 30 juin 2012

Exposition Denis Berteau et Jürgen Lingl Rebetez

Denis Berteau, peinture
Jürgen Lingl-Rebetez, sculpture



Jürgen Lingl-Rebetez, jeune artiste allemand installé en France, se frotte également à un sujet classique, à savoir le thème animalier, qui "dans la hiérarchie des genres était plutôt bas dans l’échelle mais qui pour l’artiste ou le conservateur peut-être un sujet noble"*. Je me permets de reprendre ces quelques mots de la conservatrice Emmanuelle Héran qui a organisé l’exposition Beauté animale au Grand Palais ce printemps.
Circonstance heureuse mais fortuite puisque l’envie de montrer un travail de sculpteur animalier sur bois était présente depuis longtemps au 6, Mandel. Le travail de Jürgen Lingl-Rebetez en s’invitant en regard des tableaux de Denis Berteau donnera la possibilité au visiteur non seulement d’apprécier un travail de sculpteur mais aussi de s’interroger sur la possibilité pour un artiste de se confronter à la tradition.
Tradition allemande d’abord puisque l’artiste d’origine bavaroise a connu enfant l’usage populaire de la sculpture décorative en bois peint. Tradition de la peinture et de la sculpture ensuite puisque la représentation de l’animal n’est pas une nouveauté. Ce qu’apporte Jürgen Lingl-Rebetez, c’est son appréciation de la bête qu’il attaque - comme un challenge - à la tronçonneuse, directement, sans dessin. Ses recherches en amont sont importantes d’un point de vue documentaire (visites au zoo, dessins, photographies) pour être juste dans sa compréhension de l’anatomie, l’artiste ne supportant pas "l’erreur" et afin d’arriver à rendre exactement ce qu’il veut donner comme impression. Une fois son idée précise en tête il va alors à l’atelier chercher dans son stock le tronc qui servira à la sculpture.
Le tronc choisi, généralement de l’épicéa, va lui servir de base et de masse pour l’animal, résolvant ainsi le problème du socle. Le tronc par sa verticalité l’intéresse en tant que sculpteur, certainement pas comme ébéniste ce qu’il n’est pas ! Il va ainsi souligner le fait que l’animal jaillit de la masse, semblant juste dégrossi, la couleur (diverses techniques allant du spray au crayon de couleur) suggérant par touches le pelage ou d’autres éléments organiques, les détails n’étant pas primordiaux car c’est la "force de l’animal qui doit ressortir". Le socle également taillé à même le tronc dans le prolongement de la sculpture est lui aussi coloré (souvent en rouge ou en gris foncé), ainsi la sculpture n’est pas laissée "nue". Se dégagent alors de ses sculptures une force, une vibration dues à la taille et à la couleur. Et c’est également son "expérience" qui lui donne aujourd’hui moins d’hésitation dans le geste.
L’artiste ne travaille pas que sur ce sujet mais a une prédilection pour, car avoue simplement "aimer les animaux", son choix suivant ses envies, mais à part le lion, il reste dans une sélection d’animaux domestiques ou proches (canard, chien, poule, souris, chouette), en taille réelle pour certains, et sans l’envie d’être dans le rendu du trophée.
Ce n’est pas non plus une galerie de portraits d’animaux mais plutôt une "collection d’attitudes" (la nervosité, la douceur, par exemple) qu’il intègre à sa sculpture, jouant dans ses coupes à la tronçonneuse (achevées parfois au ciseau à bois) sur les contrastes entre brut et lisse, créant ainsi des tensions à fleur de peau du bois.
©Nathalie Béreau, avril 2012

Entre guillemets : propos recueillis auprès des artistes * Emission de France Inter "Vivre avec les bêtes", invitée Emmanuelle Héran, 2012



 
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