art contemporain - Galerie Nathalie Béreau
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juin - septembre : Paul Rhoads, blossom nudes




Paul Rhoads
Blossom nudes
peinture

Exposition
17 juin - 17 septembre 2017

Lieu : Chai Pierre & Bertrand Couly
1, rond-point des Closeaux, Route de Tours - 37500 Chinon
Tél : 02 47 93 64 19
Entrée libre tous les jours : 10h-12h30 / 14h-18h30
www.pb-couly.com / contact@pb-couly.com

Commissaire de l’exposition :
Galerie Nathalie Béreau, Chinon / Paris
Présente sur RdV / Tél pro : 06 79 71 26 44
nbereau@hotmail.fr


L’exposition Blossom nudes de Paul Rhoads au Chai Pierre & Bertrand Couly, Chinon est l’occasion pour la Galerie Nathalie Béreau de mettre en avant un artiste peintre atypique dont la production déjà connue dans la région dépasse les frontières historiques.
L’exposition présente un parcours original confrontant 4 grands nus datant de 2008 et 13 petits formats spécialement réalisés pour l’occasion représentant des roses, à peine écloses, épanouies, simplement posées, ou en bouquet.
Cette série de fleurs en variation délicate dialogue avec les nus jouant ainsi sur la fragilité de la chair, de la peau, de la surface, dans des lumières irradiantes comme venues du fond même de la toile.

Peintre américain, volontairement ancré en France depuis 1990 en particulier, à côté de Chinon, vivant dans une maison de campagne isolée, entouré de ses chats, l’artiste développe un travail de réflexion et de recherches picturales qui l’amène à nous interroger sur les fondamentaux de la création.
Qu’est-ce qu’une peinture ? Qu’est-ce que la représentation du corps humain, qu’est-ce que le nu, féminin en particulier ?
De nombreux artistes à travers l’histoire, occidentale en particulier, ont représenté la figure humaine, dans sa plus simple nudité, pas si simple au final puisqu’elle nous renvoie à notre propre chair, à la réflexion quant à l’érotisme supposé d’un corps, aux limites de cette nudité, à l’intimité dévoilée au public, aux formes de répression d’une époque sur la représentation du corps, à l’acceptation du corps par la société et du politique. Le corps et sa représentation, au-delà d’une démarche esthétique, d’un peintre ou d’un sculpteur nous renvoie ainsi aux mœurs de notre société et est le reflet de son évolution.
La peinture de Paul Rhoads est donc le fruit d’une vision théorique et pas seulement de l’ordre de la représentation factuelle, à savoir un peintre face à son modèle, une femme ou bien face à des fleurs.

Le travail de réflexion de Paul Rhoads a commencé avant son installation en France quant à la peinture à une époque où New-York était le lieu d’une avant-garde conceptuelle. Se sentant loin de cette démarche tout en étant dans une analyse post-Duchamp sur l’objet d’art, sa représentation, sa place définie par son lieu de présentation.
En France, le figuratif, un temps "oublié" malgré les productions de peintres comme Balthus ou Lucian Freund pour ne citer que les plus célèbres, revient à nouveau par des moyens détournés, comme la reconnaissance du dessin.
Le travail de Paul Rhoads s’inscrit donc dans une veine figurative, en référence à des grands Maîtres (Manet, Velasquez, Le Titien), avec des thèmes classiques qui peuvent encore éclairer notre monde : les scènes religieuses, la mythologie grecque, le nu, la nature morte. Paul Rhoads, roses bleuetées Paul Rhoads, Roses bleutées, 2017, huile sur toile, 35 x 35 cm

Ses citations sont précises car elle relèvent d’une réflexion sur leur pratique, et sur la manière dont un peintre d’aujourd’hui peut à la fois les suivre et à la fois créer sa propre écriture, sensible.
Préparant lui-même ses pigments et ses toiles au gesso, Paul Rhoads reste aussi dans une tradition picturale de la pratique qui lui permet d’obtenir des couleurs très personnelles.
Sa touche est fluide, légère, les couches se superposent pour laisser transparaître le plissé ou le motif d’un tissu. Les arrière-plans présents par la couleur restent indistincts comme pour mieux porter le sujet à l’avant de la scène.
Daniel Arasse dans son "histoires de peintures"* écrit que ce sont les peintres qui font l’histoire de l’art et que "L’artiste est naturellement anachronique, s’il s’approprie les œuvres du passé et c’est son devoir.
S’il se contentait de les copier et de les citer respectueusement, il serait académique. Le propre du créateur est de s’approprier le passé pour le transformer, le digérer, et en donner un autre résultat" (p.166)
Nathalie Béreau, juin 2017

* Daniel Arasse, "histoires de peintures", Denoël, 2004, transcription d’une série d’émissions de 2003 sur France Culture.

A propos de sa peinture, quelques mots de Paul Rhoads
"Les grands nus ont été fait en 2008. Ils sont parmi les premiers fruits de mes recherches et études qui ont fini par me convaincre que la "grande peinture" était encore possible - non seulement en tant que démarche "valide", ayant un sens possible commun, mais simplement techniquement, en tant qu’exploit. Ces peintures ont cet aspect de simples études, des morceaux de peinture pour la jouissance de peindre, mais ils sont aussi conçus tels de grands décors dont le sujet - sujet central de la peinture occidentale - la figure humaine, l’incarnation - résonne de sens et de symboliques dans une généreuse gratuité. Mais, plus spécifiquement, chaque tableau, par la richesse d’une vie dans la peinture, est emprunt d’un dialogue entre artistes parfois complexes à verbaliser. Ceci dit, rien de tout cela n’est caché des spectateurs, dont les clés seraient leur propre culture artistique.
Ce dialogue est purement spontané. J’y participe et je le découvre pendant et même après la création. Il fait partie intégrante de l’acte de peindre."

Floriane en Olympe #2 émerge comme une démarche en réplique à Manet, à son fameux geste, frivole et cynique, par lequel ce grand maître de la peinture a voulu transgresser, piétiner même, l’attitude sacrale envers le nu, si cher à tout ses chers prédécesseurs - car qui a tant aimé Vélasquez que Manet ? Ce geste destructeur et irresponsable me scandalise, surtout parce que je suis obligé d’admirer et même d’aimer Manet !
Alors, par cette suite de tableaux, je cherche une voie au delà de cette attitude, qui me réconcilie avec cette fâcherie entre Manet et le maître de Vélasquez, prince des peintres, Titien. Noblesse du corps humain, révélée dans la splendeur d’une lumière mystérieuse, et pourtant d’une personne actuelle, ou plutôt ponctuelle - et donc éventuellement espiègle, non solennel - et, comme ici, alerte, pensive. Mon geste dans le Olympe #1 est peut-être nourri de quelque chose de Jan Stein ou Hals, mais les Hollandais, en général, ne se préoccupent pas particulièrement de la beauté noble, comme Manet. Ici, c’est plutôt les expressionnistes - eux-aussi, peu soucieux de noblesse ! - qui m’inspirent.

Floriane en Lucrèce semblait devenir dans mon imaginaire, pendant sa création, la célèbre figure de Titien, avec Tarquin mais avec la mort imminente en moins. J’ose voir dans cette peinture cette figure, avant le moment dramatique, comme regardant de loin son avenir qu’elle ne comprend pas encore comme tragique. Le traitement particulièrement vigoureux m’était possible grâce à ce dialogue imprévu.

Dans Floriane avec Nils je me délectais à traiter l’anatomie du dos par la peinture "digitale" chère à Titien. Un certain étalage large de couleurs et de formes me mettait en dialogue avec des passages de Van Dyke.
Le traitement du portrait de Nils le chien me rappelait, a posteriori le brossage enthousiaste d’un Oudry. Ainsi les divers aspects de l’aventure de la peinture semblent demeurer vitaux, et surgir par une œuvre qui est ni amalgame ni répétition... à chacun de voir...
Le figure de Pauline en lumière m’a fait réfléchir, - ce n’est que bien après coup que cela émerge - à un fait majeur dans l’histoire de l’art (propre au développement de mes études personnelles), à savoir comment Watteau a joué un rôle profond dans la peinture française, similaire à celui de Michelango. Grand sujet, mais je vois dans ce tableau ma vision, à un certain degré, de l’apport de Watteau à la peinture française... une certain vision du dessin...."



A propos de Paul Rhoads

Paul Rhoads, peintre américain vivant en France depuis 1990, est né en 1956 au Mexique. Il vit près de Chinon, où ses tableaux ont connu un succès suffisant pour permettre à leur auteur de s’y établir. Il a grandi à New York dans un milieu artistique et musical grâce auquel il a vécu de près le tumulte culturel des années 60 et connu des artistes qui ouvraient à de nouvelles pratiques artistiques. Son père, George Rhoads, peintre et origamiste est créateur de sculptures ’audio-kinetic’ qui connaissent un succès mondial.
Son professeur principal, Aaron Kurzen, qu’il a connu au lycée, et avec lequel il a vécu plus tard pendant 10 ans en tant qu’assistant/apprenti, a été le premier artiste profondément influencé par Marcel Duchamp, que Kurzen a connu des les années 30.
Dès son jeune âge Paul Rhoads a été influencé par la peinture expressionniste, style majeure de l’époque. Ce fut un temps ou le "monde culturel", même à New York, était infiniment plus petit et on pouvait encore prétendre connaître tout le monde ou tout suivre ; parmi ses relations familiales il y avait des peintres tels que Robert D’Arista, Herbert Katzman et Gandy Brody. C’était dans cette situation de bouleversement que Paul Rhoads commence sa formation dans des écoles qu’il quitte l’une après l’autre, la plus intéressante étant celle tenue par les élèves de Hans Hoffman (la New York Studio School). Paul Rhoads, Floriane avec Nils Paul Rhoads, Floriane avec Nils, 2008, huile sur toile, 150 x 150 cm

Paul Rhoads reçoit une formation de dessin qui puise ses racines dans la grande peinture, en passant par la France de Boucher, Watteau, David, Ingres et Moreau, jusqu’aux modernistes tel que Matisse. Déjà rare dans les années 70, cette formation a vite disparu.
La mise en cause radicale (à resituer à une période de presque "guerre" idéologique anti-picturale, aux USA, à NY en particulier) de ses choix picturaux instinctif a poussé Paul Rhoads sur les chemins de la philosophie et de recherches artistiques, en quête de savoir si cette direction, qu’il ne vivait pas comme un choix mais comme une vocation, ne le condamnait pas, effectivement, à un labyrinthe d’un "art" qui ne pouvait plus, exister. Paul Rhoads décide alors d’assumer cet isolement autrement, plus concrètement, en venant en France, à la campagne pour continuer ses recherches loin de sa vie new-yorkaise.
Paul Rhoads est aussi sculpteur, graveur et typographe. Il a travaillé dans le théâtre et la télévision en tant que producteur, metteur en scène et décorateur. Il a été l’éditeur en chef de l’Edition Intégrale de Jack Vance (VIE), de 1999 en 2006, et a ainsi publié une édition en 44 volumes, complète et corrigée, de cette œuvre.
Paul Rhoads a commencé à écrire de la musique en 2009. Il a écrit des recueils de chansons sur des textes de Ronsard, Musset, du Bellay et autres moins connus, contemporains ou pas, en français et en anglais, arrangés pour une variété de formations, mais également des sonates et trios pour piano, un opéra (La guerre Picrocholine), ...



 
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